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Dossier 300 : Portrait De Zack Snyder [page 1]

Par Cédric Muffat - publié le 16 mars 2007 à 14h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h30 - 0 commentaire(s)
2003. La communauté geek, médusée, apprend qu'un des films les plus emblématiques de leur catalogue imaginaire va subir l'affront d'un décidément très tendance remake, mis en branle par Universal. La cible: l'intouchable Zombie (1978), de George A. Romero. Ultime sacrilège: c'est un clippeur doublé d'un pubard qui se chargera de l'adaptation, signant ainsi ses débuts aux commandes d'un long métrage. Bref; un parfait inconnu. Et quand on sait la tendance des réalisateurs venus de la pub et / ou du clip à privilégier la forme au scénario et à la direction d'acteur, il y a effectivement de quoi craindre le pire.

2004. Zack Snyder, l'homme sorti de nulle part, est devenu le nouveau héraut du film d'horreur sévèrement burné. Sa gageure : avoir mis pratiquement tout le monde d'accord avec Dawn of the Dead (chez nous L'Armée des morts), sa relecture moderne et sans concession du chef-d'œuvre de Romero; porté par une violence et une énergie comme l'on en voyait alors trop rarement. C'est maintenant la bave aux lèvres que les aficionados du genre attendent 300, adaptation comme chacun le sait maintenant du comic définitif de Frank Miller. Un revirement aussi spectaculaire que précoce, qui tient beaucoup plus aux qualités intrinsèques du premier long de Snyder qu'à ce que les prémices de sa carrière pouvaient laisser présager.


L'ARMEE DES MORTS

Que le réalisateur n'ait pas encore une filmo suffisamment prolifique pour que quelqu'un se soit penché sur la question ou qu'il filtre jalousement tout renseignement le concernant; le résultat est le même: il est difficile de récolter des éléments de biographie se rapportant à Zack Snyder. Tout juste apprend-on que l'homme est un natif de Green Bay, dans le Wisconsin, où il voit le jour un 1er mars 1966. Puis c'est le trou noir, jusqu'à ses débuts dans la publicité (si l'on excepte un passage dans une école d'art de Pasadena). Il signera plusieurs spots - certains primés - pour Budweiser, Jeep, UPS… Un rapide coup d'œil à ceux-ci est assez éloquent: Snyder privilégie les images léchées, montées à un rythme rapide, illustrées par une photo crue et réaliste, mais tout à la fois clinquante et lustrée. Un style qui fait merveilles sur les belles carrosseries, ce qui vaudra à Snyder des commandes de la part de General Motors, BMW, Lexus, Mitsubishi…


Ses quelques clips -notamment pour Morrissey et Heater Nova- nous confortent dans cette impression: un montage très cut accompagne des images oscillant entre le délavé et le noir et blanc vaporeux. Pour autant, sur le plan des idées, rien ne laisse présager d'un génie particulier ou d'une prédisposition à la science Ô combien innée du contage d'histoire. En clair: les clips s'oublient aussi vite qu'ils se sont vus. De là à en déduire que Snyder fait partie de ces réalisateurs ayant besoin d'un très bon script pour donner la pleine mesure de leurs capacités…


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