Loin de créer une distance et un aspect factice malvenu, l'orientation "tout numérique" du projet (à l'instar de
Star Wars : Episode III et du
Captain Sky et le monde de demain, 90% du film a été tourné sur fond bleu et les décors et créatures ont été ajoutés numériquement) a permis à Snyder de contrôler chaque détail, chaque couleur, chaque millimètre de son film. Le résultat s'achemine - tout du moins on l'espère - vers une ode à la bravoure et à l'honneur, où les visions dantesques promises par la bande annonce devraient répondre à la violence des guerriers spartiates dans un déchaînement de fin du monde. Le tout; sublimé par des cadres et des postures savamment orchestrés par Zack Snyder pour élever ses personnages au rang d'icônes.
Soyons plus clair: le bougre a beau n'avoir un palmarès que très réduit, la qualité de ce dernier est inversement proportionnelle à sa quantité. Et dans la mesure où Snyder a pris d'excellentes résolutions quant au déroulement de sa carrière, il n'est pas exagéré de le catapulter comme un des réalisateurs rentre-dans-le-lard les plus prometteurs de son époque.
Si
300 confirme le talent déjà révélé dans le premier film de Snyder, ne restera plus alors au fan transi qu'à ronger son frein jusqu'en 2008, date de sortie avancée pour
Watchmen, le prochain film du réalisateur, adaptation d'un
comic culte de super héros (oui, encore un
comic) signé Alan Moore et Dave Gibbons. Le projet sort d'une période de
Development Hell de presque vingt ans; ce qui en général n'augure pas du meilleur. Un des problèmes invoqués : une fin très sombre et très violente.
Autant dire que si Zack Snyder a les coudées franches sur le projet, nous aurons la conscience tranquille.