La 25ème Heure : Je ne connaissais pas vraiment le cinéma de Spike Lee. Je n'ai pas été déçu. Ce réalisateur manie aussi bien un scénario qu'une dénonciation de la société. Et La 25ème Heure s'en ressent. En effet, Spike Lee, par des moyens propres à lui, parvient à séduire le spectateur et à montrer son avis face à la société. Il s'en ressort d'ailleurs une scène que l'on peut qualifiée de culte (celle du Fuck You devant le miroir, incroyable, elle rappelle d'ailleurs Les Lois de L'attraction). L'acteur principal, Edward Norton, étonne à chacun de ses films. Fight Club avait impressionné, American History X avait rendu KO, La 25ème Heure montre que Edward Norton est l'un des acteurs les plus talentueux des dix dernières années. Bref un film que l'on ne qualifiera pas de polémique mais qu'on appellera politique qui est passionnant et divinement bien réalisé. Un coup de coeur.

Bloody Sunday : Un grand film ! Dans la lignée de Gus Van Sant (je pense au incroyable Elephant), Paul Greengrass, à qui l'on doit le récent La Mort dans la Peau, nous montre un bijou du réalisme et de la dénonciation des forces militaires. Plus fort qu'un documentaire, Bloody Sunday raconte la marche pacifique qu'il devait y avoir en Irlande du Nord le 30 Janvier 1972. C'est une vraie leçon de cinéma que l'on reçoit. Aucune musique ne vient interrompre cette marche qui se transforme en émeutes et où l'on peut voir les avis des manifestants et des forces armées en parallèle dans le film. Bloody Sunday sert à ne pas oublier, à rappeler ce qu'il s'est passé et comment le gouvernement réagit face à ça. La mythique chanson du groupe U2 vient embellir le générique de fin, la seule chanson du film, celle qui conclut, celle qui referme la porte sans oublier. Seul point négatif : quelques longueurs mais le film en lui-même est magnifiquement réaliste.
S21, La Machine de Mort Khmère Rouge : Je met en marche le DVD de S21, la machine de mort khmère rouge. Je n'aime pas vraiment les documentaires mais je me dit "Les critiques ont aimé, ça prouve que c'est à voir !". Résultat des courses : un film très dur, choquant, profond et très intelligent ! Rithy Panh qui est le réalisateur fait la différence en faisant revenir les rescapés de la guerre du Cambodge : que ce soit les prisonniers, les surveillants, les khmères rouges ou encore les médecins, ils viennent tous témoigner sur leurs regrets. Beaucoup d'émotion et de débats sur la question principale : "Qui sont les victimes ?" : qu'est-ce qui est pire entre torturer quelqu'un de force ou être torturé ? Des questions sans réponses qui laisse réfléchir le spectateur pour un documentaire passionnant malgré des longs dialogues parfois durs à suivre. Un grande réussite.
Le Cauchemar de Darwin : Un documentaire choc dans la lignée de S21, la machine de mort khmère rouge. Si l'ennui est au rendez-vous quelques fois, Hubert Sauper signe un documentaire troublant et intelligent sur la Tanzanie et son commerce lié au poisson. En effet, nous assistons à une leçon de dénonciation de ce que cache le commerce entre la Tanzanie et l'Europe. Les avions, qui sont censés venir vides en Afrique pour ramener du poisson, ramène des armes et non de la nourriture. C'est ce qu'en ressort ce documentaire choc où quelques scènes sont difficiles et fascinantes (lorsque les enfants se shoote à la colle pour oublier leurs problème, la femme qui a perdu son œil en travaillant ou encore la prostituée du pilote morte tuée par celui-ci). Bref le documentaire ne rend pas KO mais il apprend beaucoup de chose et montre une fois de plus que le gouvernement international ne fait pas son travail.

Super Size Me : Morgan Spurlock est tout simplement déjanté. Une frontière entre Jackass et Michael Moore. Il veut amuser tout en dénonçant. Et ça marche. Manger des repas Mcdonald's matin, midi et soir pendant un mois, c'est ce que va faire ce dernier. Et on en apprend énormément car c'est une étude inédite, jamais encore testée. Le résultat est effrayant. En parallèle, Morgan Spurlock donne des chiffres impressionnants sur les consommateurs de Mcdonald's et va même jusqu'à appeler le responsable général de Mcdonald's qui ne répondra d'ailleurs jamais à ses coups de fil. Pour l'information, Morgan Spurlock n'a absolument rien touché pour ce film : une erreur de contrat l'a fait remboursé à sa maison de production 4 millions de Dollars alors que Super Size Me n'en avait engrangé que 3 millions. Une injustice car ce film est une réussite pure et une dénonciation parfaite qui va dans la lignée de Michael Moore.
La Haine : Un grand film. Mathieu Kassovitz, pour son second long métrage, signe un des portraits les plus réalistes de la cité qu'on ait vu au cinéma. En effet, pas de préjugés, pas de clichés, rien de tout ça. La Haine, c'est 24 heures dans la vie d'un jeune de banlieue. Les interprètes sont d'ailleurs talentueux. Vincent Cassel, Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé se donnent à fond dans des rôles difficile à porter : ceux de jeunes de banlieues qui essayent tout simplement de s'en sortir dans cette jungle. Le portrait de la cité n'est pas fictif, mais tristement réaliste. Et la scène finale est d'ailleurs incroyable. Autant le dire tout de suite, La Haine n'améliore pas la popularité de la police. Au contraire, elle lui donne une image violente mais surtout raciste. Le film émet donc un cercle vicieux : les jeunes de banlieues détestent la police parce que la police déteste les jeunes de banlieues et la police déteste les jeunes de banlieues parce que les jeunes de banlieues détestent la police. Bref, Mathieu Kassovitz réalise un film précurseur que l'on peut comparer au très bon Ma 6-T Va Crack-er de Jean-François Richet. La Haine est réaliste, et c'est son principal point fort.
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