Les dossiers du net des lecteurs de dvdrama donnent la parole aujourd'hui à Elegolasses, qui donne son point de vue sur la Seconde guerre mondiale traitée par Steven Spielberg. Une semaine avant la sortie dans nos salles de
Munich, voilà qui s'avère fort intéressant.
Il y a encore moins d’un an je considérais Steven Spielberg comme un réalisateur sur-estimé, tout juste bon à faire quelque divertissements sympathiques, mais sans plus. Et puis…après la vision de plusieurs de ses films, j’ai dû revoir mon jugement à la hausse.
A.I. s’est révélé comme ce qu’il était (un chef d’œuvre),
Minority Report est passé du stade (dans mon esprit) de bouse infâme à un polar sympathique fondamentalement très intéressant (bien que formellement un peu trop facile par moments),
La liste de Schindler est devenu le deuxième film au monde à avoir réussi à m’arracher de vraies larmes (des vraies qui mouillent les joues, pas seulement les yeux rouges), sans oublier le choc énorme de
La guerre des mondes, montrant à quel point l’ami Spielbou améliorait sa mise en scène de films en films. Mais après avoir quelque peu exploré sa filmographie, une question me taraudait. Comment exactement Spielberg représentait-il la guerre ? Du coup, je me suis dit « et si tu faisais un
dossier du net pour DVDrama, histoire de voir ce que les autres pensent de ton avis sur le sujet ». Et hop.
Spielberg a fait en tout sept films se passant dans les années 30/40 : les trois
Indiana Jones,
1941,
L’Empire du soleil,
La liste de Schindler et
Il faut sauver le soldat Ryan.
1941 a été réalisé avant le premier
Indiana Jones et
L’Empire du soleil entre
Indiana Jones 2 et 3. Il est amusant de voir que pour commencer, Spielberg a filmé avec
1941 la non-guerre la plus totale (le film racontant la peur qui saisit Los Angeles de voir les japonais arriver), mettant en avant le burlesque et la comédie. Par la suite, le réalisateur a décidé de filmer la guerre de façon plus « directe » (dans
Indiana Jones premier du nom, les nazis sont physiquement présents (et menaçants) dans l’histoire), bien que continuant dans le registre de la comédie (comédie d’action quand même), se distançant ainsi des véritables horreurs de la guerre. Après un second opus d’
Indiana Jones (Le temple maudit) qui lui faisait totalement abstraction des nazis et autres joyeusetés de la guerre (enfin de la préparation de la guerre, le film se passant aux alentours des années 1935). Néanmoins ce second opus de l’archéologue aventurier voyait apparaître dans l’époque de la seconde guerre mondiale un « élément » récurrent de la filmographie de Spielberg : l’enfant, qui ici est confronté à une (des ?) menace(s) à proprement parler diabolique et maléfique. On peut d’ailleurs directement parler d’enfance plutôt que d’enfant, puisque c’est toute une pléiade de bambins qui seront confrontés à l’horreur des adultes, travaillant comme esclave. Et ô combien étrangement, on retrouve ce même élément dans
l’Empire du Soleil, où un petit anglais issue d’un milieu bourgeois se voit confronté à la dure réalité des adultes, et travaillant dans un camps japonais. Evidemment il s’agit en partie d’une coïncidence puisqu’à la base il s’agit d’un livre, et que ce livre n’était même pas destiné à Spielberg. Mais cette étrange coïncidence est suffisamment forte pour mériter d’être signalée.
Spielberg fit ensuite l’apothéose de sa trilogie
Indiana Jones avec
La dernière Croisade. Et déjà on note chez lui une capacité à mettre en scène des batailles toutes plus démesurées les unes que les autres.
Puis les années 90 verront naître deux films majeurs (comprenez des films qui ont de l’importance pour comprendre l’œuvre de Spielberg) :
La liste de Schindler et
Il faut sauver le soldat Ryan. Dans le fond comme dans la forme, le réalisateur maîtrise ses récits de bout en bout, mais évidemment les critiques fusent. Le premier est accusé de « pornographie émotionnelle » tandis que le second est taxé de patriotisme exacerbant.
La liste de Schindler est avant tout un film « pour ne pas oublier ». Car s’il est vrai que tout le monde sait bien que l’holocauste est une véritable horreur, jamais (personnellement) je n’avais ressenti au plus profond de moi l’horreur. Et à ce titre, seuls deux autres œuvres valent
La liste de Schindler de ce point de vue-là,
Le pianiste de Roman Polanski (que j’ai vu il y a longtemps cependant, fort possible que j’étais très impressionnable, j’en sais rien, mais il m’a marqué et ça fait longtemps que je ne l’ai point revu) et le comic-book
Maus d’Art Spiegelman. Bref, des œuvres qui savent faire la part des choses entre fiction et réalité, entre expérience traumatisante (la lecture de
Maus me fut parfois douloureuse…) et divertissement (…mais toujours pas une gestion habile de la narration je cherchais à savoir la suite).