Et l’on finit par se demander si Len Wiseman n’aurait pas lui-même trouvé son travail précédent trop prétentieux, au point de vouloir le simplifier. Quelle erreur serait-ce de la part d’un cinéaste de tant de talent, qui prouve ici, avant tout, qu’il est capable à lui seul, même plongé dans l’imperfection, d’insuffler un prestige non négligeable à son œuvre, car ne nous y trompons pas : même si la réalisation de
Evolution n’est pas du même acabit que celle de
Underworld, elle n’en reste pas moins parmi les chefs de file en ce qui concerne l’action belle et bien menée.

Pour finir, on peut accorder quelques mots au casting du film, agréablement constitué des mêmes comédiens que celui du volet précédent, aspect déjà hautement attachant dans une saga. Il y a peu à dire sur Kate Beckinsale, toujours aussi impressionnante et vive. On peut au passage la remercier de se charger à elle seule de conférer à l’œuvre plus de la moitié de l’élégance dont elle est pourvue, toujours au travers des mêmes procédés de gestion spatiale du tronc, des bras et du regard dans l’écran. Scott Speedman s’améliore nettement par rapport à sa précédente prestation. Imbu de plus d’assurance, de plus de mesure, il livre une interprétation qui, loin d’être mirifique, et toujours écrasée par l’aura nettement plus frappante et talentueuse de l’actrice principale, se révèle plutôt convaincante. Disons que l’acteur ne plombe à aucun moment le film de ses gestes excessifs comme il l’avait si gentiment fait sur
Underworld premier du nom. Sinon, on félicitera encore une fois Bill Nighy qui, malgré la brièveté de son apparition, irradie l’écran de force et de haine, et ne quitte l’esprit avant la fin du film, ainsi que Tony Curran, le nouveau venu, qui s’empare du rôle de Marcus avec une désinvolture tantôt agaçante, tantôt plaisante, mais un charisme non moins appuyé. En revanche, Derek Jacobi joue de manière tout à fait quelconque le vieux sage se voulant omnipotent et distingué mais n’étant ni l’un ni l’autre. Juste bon à vampiriser encore un peu plus de la personnalité de l’œuvre. Il en va malheureusement de même pour le reste des acteurs secondaires, dernier défaut notable de cette suite à laquelle ils donnent d’ineptes airs de blockbuster américain lambda. Mais cela, on le constatait déjà dans le volet précédent, et de la même manière on peut dire ici que les acteurs secondaires sont loin d’être un souci primordial dans un film qui s’attache tant à sa vampire principale. Ce n’est en tous cas pas cela qui aura modelé l’opinion qu’on se sera faite à propos de
Underworld : Evolution.
Tiraillé entre la désillusion vis-à-vis de l’œuvre quasi-culte à laquelle on croyait sincèrement, et la constatation assez évidente que le film remplit honnêtement son contrat minimal, que penser ? Un jet trop peu abouti d'une suite potentiellement encore supérieure au volet précédent. Une subtilité abandonnée à une action pesante mais toujours joliment réalisée. Un haut de gamme du simple film d'action. Réfléchi, appliqué mais bien trop précipité, aux airs parfois presque inachevés. Il y a en fait deux états d’esprit dans lesquels on peut voir
Evolution. Le premier arrive de moins en moins à tirer plaisir d’un spectacle pourtant agréable, noyé sous la chute de ses espérances. Le second état d’esprit, au contraire, tendrait à s’étonner et faire monter toujours plus l’adrénaline, jusqu’à un dénouement qui paraîtrait alors une apothéose. Pour ma part, je n’ai pu profiter que très minoritairement du second. Et certainement parce que
Underworld premier du nom s’était permis d’être trop bon, parce que mes a priori s’étaient quelque peu enflammés à la vue des premiers instants, cette suite n’a pu m’apparaître -dans une moindre mesure- autrement que me sont apparus le pourtant macabre
Hannibal de Ridley Scott, le pourtant éternel
Dracula de Francis Ford Coppola : une de ces déceptions de qualité.
Note scénario : 4,5/10
Note réalisation : 7,5/10
Note acteurs : 6/10
Note globale : 12/20La rubrique des
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