Par Arnaud Mangin - publié le 18 septembre 2006 à 06h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h09 - 0 commentaire(s)
Rigolo à voir une fois – en salles si possible pour l'euphorie générale – Destination Finale 3 aurait normalement du finir en dernière page du catalogue de Metropolitan comme tout titre de seconde partie de soirée. Si dans son fond, le film ne fonctionnera que trop peu avec ses "Bing ! Bang ! Ouille ! Attention ! Quoi ? Tchac ! Je t'avais prévenu ! Arrrgh !" et autres flatteries du même tonneau, les créateurs du film se sont suffisamment hâtés pour compenser cette seconde motivation et exploser les limites du DVD comme personne n'avait jamais osé le faire. Ou plutôt oublié de le faire. Tout était pourtant là, sous la main, la possibilité de modifier à volonté le montage d'un film, d'en enlever des parties, d'en ajouter d'autres… Mais les bonnes vieilles habitudes se sont installées et pour le commun des mortels, acheter un disque pourtant versatile (le V de DVD donc) ne s'est limité qu'au film, à un commentaire souvent vite torché, 3 pauvres scènes coupées, un making of promo d'un quart d'heure et une séquences en story-board pour la forme. Le café et l'addition serions-nous tenté d'ajouter. Jouer de la zapette sur ce titre pourtant inattendu force le respect et réinvente le terme "interactivité".


Premier choix, regarder le film. Normal jusque là. Mais Destination Finale 3 nous permet surtout d'être sadiquement le décideur de ce qui arrivera individuellement aux personnages en choisissant la fonction "Décide de leur sort", à travers une exemplaire utilisation du seamless-branching. L'idée du "film dont vous êtes le héros" était déjà stimulante en soi puisque nous sommes bien loin des rajouts hasardeux au montage de scènes coupées (on pense aux DVD de 24 heures chrono) et qu'il s'agit ici de véritables alternatives scénaristiques conçues et pensées à l'avance pour le DVD dans une qualité confondante, et qu'à l'instar des "livres dont vous êtes le héros", il nous est régulièrement proposé de faire un choix. Or on nous propose ici, non pas d'être le héros, mais d'être tout simplement la mort elle-même.



Dès lors qu'un gus ou qu'une insupportable bimbo s'approche d'un engin potentiellement dangereux, il nous est demandé si oui ou non elle doit traverser la rue, ou appuyer sur un bouton, avec des issues parfois inattendues puisque la victime ne sera pas forcément celle que l'on croit avoir choisi et qu'au final, en fonction des décisions, les survivants et les victimes ne seront pas nécessairement les mêmes que dans le montage cinéma. Jamais la sensation d'interagir directement avec le film n'a été aussi convaincante, d'autant plus que si les idées sont bel et bien là, Metropolitan (NewLine pour l'édition américaine) s'est donné les moyens de proposer les choses en bien. Ainsi, les morceaux alternatifs sont au format, au master identique à celui du film et proposés en version originale et française 5.1 ainsi qu'en VF DTS, modifiables à la volée de surcroît. Pour couronner le tout, les ajouts et les propositions sont effectués à travers des transitions fluides du plus bel effet sans qu'une coupure se fasse sentir. Il est difficile alors de ne pas se prendre au jeu.

Bien entendu, nous n'avons pas pu nous empêcher de tester ce drôle de jouet pour vous, et vous listons dans les pages suivantes les principales variantes proposées. Si vous n'avez pas encore vu le film, nous vous déconseillons de lire ce qui suit.
Vos réactions


logAudience