Mauvaise nouvelle: le beau
Quand l'embryon part braconner écope d'une interdiction aux moins de 18 ans. Après
Baise-moi,
Destricted, Nine Songs et récemment
Saw 3. Faut-il s'en inquiéter ?
A l'origine, un film réalisé à la fin des années 60 par Koji Wakamatsu. Un fascinant huis clos pinku dans lequel une femme innocente est séquestrée par un homme rustre. Tourné avec peu de moyens, l’ensemble reste encore aujourd’hui un modèle de modernité et d’originalité dans l’utilisation de l’espace. Décision du commission de classification: interdiction stricte aux moins de 18 ans. Nous laissons la parole à Zootrope films qui s'insurge à raison: «Zootrope s’indigne de la décision de la Commission de classification des œuvres cinématographiques qui souhaite interdire aux moins de dix-huit ans le film
Quand l'embryon part braconner.
Après
Saw 3, film de genre codifié, et
Destricted, film érotique explicite réalisé par un collectif d’artistes internationaux, c’est au tour de
Quand l'embryon part braconner, film «pink» de 1966 réalisé par Koji Wakamatsu, auteur underground internationalement reconnu, de subir l’opprobe d’une Commission dont les décisions s’avèrent de plus en plus orientées. Le cinéma art-et-essai, le seul qui découvre, interroge, provoque et subvertit, devient répréhensible et n’est plus à l’abri d’une prohibition déguisée qui s’applique, de surcroît, de manière sélective selon la taille des distributeurs (quid des interdictions tempérées accordées à Hostel 2 ou
Captivity. Cette mesure est, par conséquent, d’une gravité qui rappelle les interdictions tout aussi iniques qu’avaient pu subir à l’époque de leur sortie Orange Mécanique de Stanley Kubrick ou
Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini.
Tous les auteurs, producteurs, distributeurs, écrivains, journalistes, exploitants ou responsables de chaînes payantes ou hertziennes ayant pu voir le film lors des projections de presse, s’étonnent d’ailleurs de cette décision. La liberté d’expression des artistes est à nouveau en péril. Nous espérons que cet attendu ne sera pas suivi par le Ministère de la Culture et de La Communication, sans quoi tout un pan du cinéma risque désormais de (re)devenir invisible que ce soit en salles, en DVD ou à la télévision.» La meilleure façon de le soutenir ? Allez-le voir en salles et le soutenir: il le mérite.