Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 15 novembre 2007 à 12h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h27 - 0 commentaire(s)
Le diptyque signé Clint Eastwood et formé par Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima impressionne en revenant sur l’une des attaques déterminantes de la Guerre du Pacifique : la Bataille d’Iwo Jima. Il ne fut pourtant pas le premier à illustrer ce qui constitua la plus grande saignée de l’histoire des Marines américains dans un seul et même combat. En effet, le premier film racontant ce dantesque affrontement fut un documentaire en couleurs, To the shores of Iwo Jima, réalisé en 1945 pendant l’affrontement même, au péril de la vie de ses auteurs puisque nombre d’entre eux furent tués ou blessés. Puis vient le film que tout le monde connaît et qui fit exister jusqu’alors cette bataille dans les imaginaires, Iwo Jima, métrage signé Allan Dwan, daté de 1949 et réunissant John Wayne et John Agar. Mais face à de tels précédents, on ne peut douter de l’impérissable statut que va acquérir ce couple de métrages signé du natif de San Francisco, eu égard au traitement qu’il réserve à cette bataille emblématique.



Ainsi, pour en revenir au récit qu’en fait le réalisateur d’Impitoyable, s’il est cinématographiquement surprenant, il s’avère d’autant plus passionnant que le double regard qu’il jette sur la bataille d’Iwo Jima est profondément juste. Et pourtant en plus de cette exactitude du point de vue de l’organisation stratégique de l’affrontement, de son déroulement historique et de ses excès, il dépasse de loin son seul sujet. De fait, au travers de ce mouvement dual que le récent Chevalier de la Légion d’honneur porte sur la guerre et sa folie meurtrière au travers d’Iwo Jima, c’est plus que l’histoire d’un engagement sans commune mesure qu’il raconte. C’est l’histoire d’un regard sans compromissions spectaculaires et infiniment crépusculaire, doublé d’une inoubliable réflexion cinématographique sur ce que sont les atrocités de semblables affrontements et leurs implications à l’image et par l’image. A ce propos et dans les lignes suivantes, nous ne raconterons pas le déroulement de ces derniers mais nous nous bornerons à cerner au mieux l’importance historique du combat afin de préserver plus encore la sidération née de la monstration réservée par le maître - cinéaste.


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