Parenthèse philosophique aujourd'hui, pour présenter l'un des plus grands penseurs contemporains, pas toujours reconnu à sa juste valeur, Jean-Claude Van Damme. A l'heure où JCVD se rappelle à nos souvenirs dans
L'empreinte de la mort (
Wake of Death), un hommage au plus célèbre des Belges semble approprié, pour l'ensemble de son œuvre. Attention, il ne s'agit pas ici d'établir une biographie ou une filmographie de l'intéressé, mais plutôt d'analyser son évolution à travers sa carrière. Oui, Van Damme est un philosophe !
JCVD connaît très clairement diverses influences qui l'inscrivent tout au long de son parcours dans différents courants de pensée, dont deux principaux qui conduisent indéniablement sa carrière. Tout d'abord, une pensée fortement pessimiste à l'égard de la nature humaine, caractérisée par ses premiers films, puis l'évolution vers un pessimisme beaucoup plus modéré aboutissant sur la question de la dualité de l'être humain. Un long cheminement intellectuel au bout duquel JCVD semble aujourd'hui se trouver…
L'HOMME EST UN LOUP POUR L'HOMME
La violence peut être utile à condition de défendre de bonnes causes, mais la violence existera toujours en nous.La violence pureJean-Claude Van Damme, plus connu dans le milieu des grands penseurs sous le nom de "Lion", entame son œuvre sous l'influence palpable des écrits de Thomas Hobbes. Ainsi, ses premiers films mettent en exergue la nature de l'homme, foncièrement mauvaise, précepte essentiel à la philosophie de Hobbes.
Blood sport, tous les coups sont permis (1988), puis
L'arme absolue (1988),
Kickboxer (1989) et
Cyborg (1989) révèlent cette idée d'une violence innée, inscrite en tout un chacun, et contre laquelle ne serait efficace… que la violence elle-même. A la fois mal et remède. Mais déjà le philosophe Belge s'éloigne de son premier maître à penser. Van Damme, contrairement à Hobbes, croit en l'existence de l'âme.
Le monde est fait de flesh, de molécules et d'électricité, comme le Big Bang. Et ça ensemble, ça fait l'Univers. Et toutes les species du monde entier sont aware.L'apparition de l'âmeDès lors, tout en conservant cette prédominance de la violence, intimement liée à la nature humaine, JCVD se lance dans des œuvres éminemment spirituelles.
Double Impact (1990), le mythique
Full Contact (1990) ou encore
Universal Soldier en 1992. Ce dernier résume parfaitement la position philosophique dans laquelle se trouve JCVD à ce moment là. Les hommes sont certes mauvais par nature, et expriment ce mal par la violence, mais seule la volonté de l'âme, que JCVD qualifiera plus tard d'état "aware", peut stopper cette destruction frénétique et finalement déshumanisée.