Par PitouWH - publié le 21 mars 2008 à 07h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h45 - 0 commentaire(s)
Il est évident, même pour le plus pâlot des pieds tendres, que le western n'est plus un genre aussi répandu qu'autrefois. De nombreux facteurs l'ont mis au second, voire au troisième plan de la production cinématographique durant les "glorieuses" 80's et, si on l'a cru pour un temps cantonné à jamais à ce stade, les années qui ont suivi cette morne période tendent à nous prouver de plus en plus le contraire. Car oui, étranger, le western est de retour. Ou est en train de revenir. Tout doucement, mais sûrement. Et sous bien des aspects, que nous essayerons d'aborder ici de façon non exhaustive (désolé donc si tous les films ne sont pas cités).


I/ Vers le coucher de Soleil

Le western a une longue tradition dans le cinéma américain en cela qu'il est peut-être le genre le plus "américain" dans lequel peuvent travailler les cinéastes de l'Oncle Sam. Leur besoin d'Histoire, combiné à leur sens du spectaculaire, ont ainsi généré des récits d'aventure finalement sans grand intérêt au niveau de la véracité historique mais qui satisfaisaient néanmoins à un certain besoin du public, glorifiant l'esprit de conquête si cher à ce peuple de colonisateurs avec cette esthétique des grands espaces, de la nature sauvage à dompter. Le pire aspect de cette philosophie étant ce besoin impérial de tuer les indiens, eux qui sont de toutes façons "dangereux", "sauvages" et "sur nos terres" (John Wayne-style). Et tant que le western reste sur le modèle américain, ce constat demeure la plupart du temps inchangé. Les films de cow-boys et d'indiens vont donc tranquillement faire leur route jusqu'aux années 50, période où ils atteignent leur apogée. C'est à ce moment que leurs thématiques parfois un peu limites et leurs héros bien propres sur eux vont prendre une sacrée claque avec une remise en cause de leur approche par les cinéastes américains et, surtout, avec l'arrivée d'un nouveau genre, à la fin des 60's : le western spaghetti. Une variation sur des thèmes éculés et, surtout, une refonte totale de sa forme qui vont tout bonnement révolutionner le western, comme si l'on découvrait de nouveaux paysages dans ceux que l'on a pourtant déjà vu, que l'on avait l'impression de connaître par coeur.


Malheureusement, cette impression de nouveauté ne durera qu'un temps puisque des "spaghettoches" commencent à arriver de partout, tous semblables ou presque (seuls les vrais chefs d'oeuvre ont réussi à surnager et à se démarquer aux yeux du grand public, comme c'est toujours le cas avec les phénomènes de mode). Nous sommes alors dans les 70's, et le western est agonisant. Ce sont les chaînes de télévision qui lui porteront un coup que l'on a cru fatal, elles qui se mettent à investir de l'argent dans la production cinématographique et deviennent ainsi des décideurs. Des décideurs qui ne veulent bien évidemment pas mettre leurs billes dans des westerns, car les grands espaces qui sont représentés dans ceux-ci s'accommodent très mal au petit format d'une télé. Et puis, de toutes façons, Star Wars vient d'exploser sur les écrans, rendant obsolètes cow-boys et indiens dans le cœur des enfants qui se mettent dès lors à rêver d'extra-terrestres et de robots. Nous arrivons alors dans les 80's, et le western nous apparaît comme enterré six pieds sous terre. C'est là que nous nous trompions. Et c'est là que commence notre périple dans cette résurrection fragmentée...


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