Par Stanislas Bernard - publié le 12 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h17 - 0 commentaire(s)
En 1995, James Bond fait son grand retour au cinéma. Nouveau comédien, nouveaux réalisateurs et une nécessité de redonner son éclat au plus célèbre espion de la planète. Rendu particulièrement « has been » par le cinéma d’action de la fin des années 80 et de la première moitié des années 90, avec l’arrivée des nouveaux héros charismatiques décomplexés et toute une pléthore de réalisateurs comme par exemple John McTiernan, James Cameron ou bien encore John Woo, qui redéfinissent alors les codes et les limites du genre.


Ainsi lorsque les Broccoli relancent la franchise 007, la saga doit devenir la nouvelle référence en matière d’action. D’un épisode à l’autre les péripéties de l’agent secret britannique deviennent de plus en plus extravagantes et dérivent vers une surenchère cartoonesque.

Parallèlement au retour de James Bond, Tom Cruise producteur et acteur lance l’adaptation sur grand écran de la série Mission : Impossible avec un succès considérable. Et en ce début des années 2000 de nombreux films d’espionnage apparaissent sur grand écran en essayant chacun de se différencier de la concurrence. xXx de Rob Cohen vise lui aussi la surenchère explosive en tentant de ringardiser James Bond au passage, alors que le Spy Game de Tony Scott mixe avec brio plusieurs années de thriller d’espionnage de manière plus réaliste.

En été 2002, Universal décide aussi de participer à ce renouveau du film d’espionnage en lançant une adaptation de l’un des auteurs le plus célèbre du genre, Robert Ludlum et de son héros fétiche : Jason Bourne.


1 - Le style Bourne : La mémoire dans la peau (septembre 2002)

Ainsi ce n’est pas facile de trouver sa place parmi tous ces blockbusters d’espionnage qui sortent en ce début de millénaire. Si aujourd’hui personne ne niera le succès de « l’entreprise » Bourne, la réussite n’était pourtant pas au rendez-vous. Mais les producteurs et le réalisateur Doug Liman ont su avant tout créer une identité forte pour la saga en imposant des choix judicieux.
Pour La mémoire dans la peau, le mot d’ordre est de se différencier de James Bond au maximum, et de produire son antithèse parfaite avec un souci de réalisme accru. Tout d’abord la différence tient dans son personnage principal. Jason Bourne est amnésique au début du film, affaiblit et semble constamment être pourchassé. A contrario d’un James Bond sûr de lui, en pleine possession de ses moyens et maîtrisant constamment la situation. Jason Bourne est bien plus humain et beaucoup plus fragile que son alter ego britannique.

Ce parti pris de différenciation et d’humanisation est bien entendu symbolisé par le choix de Matt Damon pour interpréter cet agent à la recherche de son passé. Matt Damon est alors connu principalement pour ces rôles dans Will Hunting, Il Faut sauver le soldat Ryan ou bien encore Le talentueux Mr Ripley. On est bien loin du cinéma d’action pétaradant et du symbole ultime de l’héroïsme viril. Avec son visage d’éternel adolescent, Matt Damon contraste avec l’image du macho de l’agent secret traditionnel. L’acteur américain a tout du « Monsieur tout le monde », et pourtant on croit fermement en ses capacités hors du commun du super agent. L’astucieux procédé de l’amnésie implique au maximum le spectateur dans la découverte graduelle des informations et des possibilités physique du héros. Matt Damon commence le film comme un homme normal, apprend au fur et à mesure à devenir Jason Bourne et s’impose finalement en redoutable agent secret.


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