L’enfer c’est pas les autres Finalement, le film choral ultime, c’est peut-être le
Vol 93 de Paul Greengrass, sans héros, presque dépouillé de message (qui encombrent souvent ces films). A la fin il ne reste que des humains, apeurés, terrifiés, condamnés mais ensemble dans une entente miraculeuse, tentant d’empêcher héroïquement la chute d’un avion qui s’écrase. C’est aussi une merveilleuse parabole de l’existence ce film. Au-delà de l’événement tragique qu’il relate, c’est ce sentiment de communauté profonde qui s’en dégage. Et à la fin du film, vous ressentez un sentiment d’espoir étrange et inattendu en l’humanité, au lieu de sortir bouleversé et abattu comme vous vous y attendiez, vous ressortez revigoré, triste certes, mais avec le sentiment que rien n’est perdu.
A défaut d’apporter sa pierre révolutionnaire à l’édifice fictionnelle, le dernier
Bobby, d’Emilio Estevez possède les qualités et les défauts d’un film conventionnel avec quelques écarts hilarants (Ashton Kutcher), des confrontations dépressives (Sharon Stone et Demi Moore) et deux trois banalités noyées dans le flux manichéen (Christian Slater, authentique tête de con). En réalité, il faut voir une volonté intègre de décrypter les mœurs sociales de l’époque et surtout une déclaration d’amour aux acteurs qui dans des emplois et contre-emplois certes pas aussi fouillés que chez Altman ou Anderson trouvent toujours un moyen de nous émouvoir par ce qu’ils nous révèlent d’intime.