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Dossier : Le Foot Au Cinema [page 1]

Par Laurent Tity - publié le 25 mai 2006 à 11h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h56 - 0 commentaire(s)
La projection au 51ème festival de Cannes du film Zidane, un portrait du XXIème siècle s’inscrit dans une longue tradition qui relie le football au cinéma. Peut-être parce que ces derniers possèdent un point commun évident, ils sont tous les deux le reflet de la société. Mais le septième art a l’avantage de pouvoir disserter à loisir sur son compère au ballon rond. Et quand le foot fait son cinéma, le résultat peut s’avérer déroutant.

De la comédie légère (3 zéros) à la dénonciation des discriminations (Joue-là comme Beckham), en passant par l’évocation de hauts faits historiques (A nous la victoire), le cinéma utilise le football dans des genres très différents.



LA PETITE HISTOIRE

Elle commence en 1911, lorsque le britannique Lewin Fitzhamon réalise le court-métrage Harry the Footballer. A l’époque, le scénario est ultra basique et ne tire que peu profit du potentiel dramatique du sport le plus populaire de la planète. En résumé, deux équipes doivent s’affronter et l’une d’entre elles kidnappe le meilleur joueur de l’adversaire dans l’espoir de gagner le match. Manque de bol, le héros parvient à s’échapper et donne finalement la victoire à son équipe. Certes, le dénouement n’est pas surprenant, mais difficile d’accuser un film de 1911 de manquer d’originalité…
Nos amis British tiennent le haut du pavé et sont longtemps les plus prolifiques en matière de films traitant de football. La France se réveillera en 1937 avec Les Rois du sport, de Pierre Colombier.
A noter que les Etats-Unis comptabilisent un nombre ridicule de films sur le football. Ce phénomène, en désaccord avec l’impérialisme de la toute puissante industrie hollywoodienne, s’explique simplement par le fait que le ballon rond ne s’est jamais imposé comme un sport majeur chez les yankees (excepté chez les américaines, mais son influence demeure largement en deçà des autres sports).



Après-guerre et en période de guerre froide, le terrain de foot passe de l’innocence des débuts à un prétexte pour exacerber les rivalités politiques, sans toutefois devenir un élément de propagande aussi puissant qu’un Rocky, pour parler d’un autre sport cher au cinéma, à savoir le noble art. Dans cette optique, A nous la victoire (1981) a d’ailleurs été souvent mal interprété. Plus qu’un film de propagande pro-américain (c’est un des rares films américains sur le football), il s’agit surtout d’un hymne à la coopération entre les peuples. Des prisonniers alliés doivent s’entendrent pour leur évasion. Mais ils doivent aussi jouer un match contre leurs geôliers nazis. Un scénario d’une grande simplicité mais pas aussi manichéen qu’on pourrait le penser. En effet, si les nazis sont évidemment présentés comme des monstres, les alliés ne font pas vraiment preuve de la plus grande fraternité, du moins au début. Sylvester Stallone, américain se moquant éperdument du résultat du match, pourvu que l’évasion soit un succès, se voit confronter à une bande d’alliés européens et sud-américains pour qui le football représente bien plus qu’un simple passe-temps. C’est une question d’honneur, et Sylvestre pliera. Le happy end renforçant l’idée que diverses nationalités peuvent avancer ensemble en acceptant de faire des compromis. Le film est une réussite, car rarement football et cinéma se sont trouvés aussi habilement imbriqués dans la trame narrative. Avec en plus de grands talents des deux côtés : Michael Caine et Sylvester Stallone côté acteurs, Pelé, Bobby Moore ou Paul Van Himst côté footballeurs. Une bien belle brochette.


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