Par Christophe « Trent » Bert - publié le 13 novembre 2007 à 14h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h27 - 0 commentaire(s)
La sortie de Primer cette semaine dans les salles est l’occasion de revenir sur l’utilisation des voyages dans le temps au cinéma. On entre dans la machine, destination : 1888.

L’auteur HG Wells est considéré comme l’inventeur de la machine à voyager dans le temps. Bien évidemment, il ne l’inventa que sur papier. La première ébauche de son roman date de 1888, mais il ne sera véritablement publié qu’en 1895. Si la machine avait réellement existé, il aurait sûrement été étonné en se baladant tranquillement au 21ème siècle de se rendre compte de l’importance de cette machine dans l’imaginaire collectif. Comme bien des explorations thématiques de Wells, cette machine permet de comprendre le comportement d’un humain qui possède plus que ses congénères : ici, la possibilité de voyager dans le temps, être le maître du temps. Une forme de déstructuration temporelle permettant à n’importe qui de ne plus être un point sur une chronologie, l’anarchie dans les règles établies en quelque sorte. Et comme certains scénaristes aiment jouer avec les codes, le cinéma va vite récupérer la machine et décliner son concept pour bien des genres et des motivations. Que ce soit l’occasion de faire des films à gros budgets en présentant d’autres époques en évitant le sempiternel côté film historique ou pour confronter des personnages à un cadre étranger au leur, le voyage dans le temps, en machine ou par transportation inexpliquée, a toujours su se retrouver impliqué au sein de l’Histoire du Cinéma.



Il aura fallu longtemps avant que des scénaristes n’utilisent la quasi-intégralité des situations possibles et réalisables du changement d’époque pour en faire une trilogie : ce seront les Retour vers le futur, dont le premier volet est le mètre étalon en la matière, en 1985, soit quasiment un siècle après son invention littéraire. Grâce au talent et à l’ingéniosité des scénaristes Bob Gale et Robert Zemeckis (aussi réalisateur), le film devient incontournable et Marty McFly, son héros interprété par Michael J.Fox, n’appartient plus à aucune époque. Sa culture et sa contre-culture l’aidant à se sortir de toutes les galères pour toujours retomber sur ses pieds (que ce soit en faisant écouter du Van Halen à son futur père en 1955, en jouant Johnny Be Good alors que Chuck Berry ne l’a pas encore écrite ou en se faisant appeler Clint Eastwood dans le Far West). Tout y est.



Le film est aussi habité par une vision très familiale du pays : les membres de la famille McFly restent dans la même ville et connaissent les mêmes problèmes avec les descendants de la famille Tannen. Zemeckis, en traversant les époques, offre avec sa trilogie l’histoire d’une famille typique américaine et par la même occasion, un chapitre complet de l’Histoire américaine avec un grand H. Les trouvailles scénaristiques s’enchaînent et évitent la facilité. Comment faire comprendre à des citoyens dont le pays est dirigé en 55 par Eisenhower que dans un futur pas si lointain, le même pays sera gouverné par un acteur populaire du nom de Ronald Reagan ? D’un autre côté, à l’époque du film, Zemeckis et Gale, eux-mêmes, n’auraient certainement pas pensé que le gouverneur de Californie serait un jour Arnold Schwarzenegger.


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