Par - publié le 27 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h20 - 0 commentaire(s)
Info ou intox. Selon la légende urbaine, les snuff movie seraient des films courts présentés sous la forme d'un plan-séquence approximatif qui mettent en scène un meurtre réel, souvent précédé de pornographie avec viols de femmes ou d'enfants. Motel s’intéresse avec beaucoup de retard à ce phénomène d’hystérie collective amplifié par divers moyens de communication, allant de la conversation anodine à Internet. Un phénomène dont on n’a pas encore pu prouver l’authenticité.


A l’origine des temps, «snuff» est un terme d'argot américain qui signifie «tabac à priser». Il est devenu un synonyme de «tuer» suite à un livre de Ed Sanders, qui affirmait que Charles Manson et ses complices prenaient plaisir à filmer leurs assassinats. Ce qui s'est avéré totalement inexact. Même si on pourrait considérer les pulsions scopophiles de l’inclassable Voyeur, de Michael Powell, comme annonciatrices de cette mouvance (un sadique assassine des jeunes femmes et filme leur agonie comme une jouissance à l'aide d'une caméra-sexe), on a commencé à parler de snuff movie dans les années 70 pour nommer les films clandestins à base de sévices et de meurtres que l’on se refilait sous le manteau. Un peu comme les films pornographiques interdits dans les années 30 (revoir Des monstres et des hommes). Sauf que cette fois, la mort remplace le sexe et devient un divertissement consommable. Il n’a donc pas fallu attendre Motel pour voir apparaître un nombre impressionnant de films basés sur cet univers interlope. Le phénomène a d’ailleurs touché d’autres domaines artistiques que le cinéma tels que la littérature et le roman graphique. Celui qui passe pour avoir amené le courant n’est autre que Michael Findlay, auteur de Snuff, un film qui à la manière de Gorge Profonde est plus intéressant pour les débordements qu’il a généré que pour ses qualités intrinsèques. Lors de sa sortie en salles, à New York, en 1976, il a déclenché le scandale dans une salle de Times Square. A l'extérieur, des manifestants hurlent à l’exploitation et disent non à la dégradation de la femme au cinéma. En réalité, ce n’est pas le réalisateur mais le distributeur qu’il faut incriminer.


A l’origine, Findlay était connu comme réalisateur de softcore (petits films coquins à la lisière du X). Il les tournait avec son épouse qui à l’époque n’avait que dix-sept ans. Confronté à l’apparition de la vague pornographique du «hardcore», le jeune cinéaste opte pour la surenchère en signant une série Z dont le but affiché était de rebondir sur l’affaire Charles Manson en prenant comme héros des révolutionnaires qui torturent une famille d’anciens nazis. Le film, évoquant le mauvais goût des Grindhouse, se tourne en Argentine sans le moindre ingénieur du son et s’achève doublé n’importe comment dans des studios aux Etats-Unis. Dans ces conditions catastrophiques, Findlay pense d’ores et déjà qu’il peut faire une croix sur son métier d’autant qu’il peine à trouver des distributeurs susceptibles de l’aider. Dans un second temps, il est pris de remords en se rendant compte qu’on ne peut pas s’amuser de choses horribles (il était hors de question de rendre l’assassin de la femme de Roman Polanski «sympathique»). C’est ainsi qu’intervient le malin distributeur (Carter Stevens) qui a judicieusement rajouté une scène sulfureuse au film et l'a rebaptisé sous un nouveau titre: Snuff, en allusion aux shocker bidons tournés clandestinement en Amazonie. Cette séquence avait pour but de faire croire au spectateur que le scénariste du film violait une des actrices du film avant de la tuer dans des conditions ignobles. Les menaces ont été si loin que plusieurs enquêtes policières furent ouvertes. Quelques mois après le phénomène, Findlay meurt décapité par une pâle d’hélicoptère sur le toit d’un immeuble. A partir de ce film, il naît une rumeur selon laquelle une actrice de films pornos est obligatoirement sacrifiée à la fin de chaque tournage X. La petite histoire veut ainsi qu’un producteur organise un casting pour un film pornographique, les interprètes engagées sont ainsi manipulées pour être victimes de vraies tortures et d'abus, avant le meurtre final. Ce film circule ensuite dans un circuit fermé de riches amateurs de crimes où ces cassettes circulent à prix d’or.


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