LA TRAVERSEE DU TEMPS Makôto, jeune lycéenne tokyoïte flemmarde aux airs de garçon manqué ne porte que peu d’intérêt à ses études et au temps qui passe. Mais quand elle reçoit un jour le don de voyager dans le temps, elle voit alors l’occasion d’améliorer sa condition en altérant certaines données de son passé. Celles-ci n’étant pas sans conséquences, Makôto réalise bien vite qu’on ne joue pas impunément avec ce nouveau pouvoir. Avec une animation prise en charge par le célèbre studio Madhouse, déjà fort de ses collaborations avec Yoshiaki Kawajiri ou Satoshi Kon, et un chara-design signé Yoshiyuki Sadamoto (
Evangelion, Nadia, Les ailes d’Honnéamise), comment ne pas attendre avec trépignement cette nouvelle adaptation de l’œuvre de Yasutaka TsuTsui, à la fois comédie hilare et fable initiatique juste et émouvante ? La réponse est simple : en marquant son calendrier au marqueur rouge.
D.B.LE FEU SOUS LA PEAU Veuve noire de 19 ans au look aguicheur et à la réputation sulfureuse, Katrina Skinner vit entre une fille en bas âge et un père inquisiteur sur le point de lui couper les vivres. Ayant une grande affection pour un frère en prison nécéssitant une conséquente somme d’argent pour parvenir en appel et étant seule héritière en vue, Katrina va tenter de manipuler un de ses nombreux amants pour faire le travail à sa place. Rien que pour la performance d’une Emily Barclay venimeuse et pour l’ambiance torride et poisseuse d’une Australie qu’on ne se lasse pas de visiter depuis
Mad Max au récent
Wolf Creek, on a du mal à ne pas baver d’impatience devant ce troisième film du talentueux Paul Goldman, jouissant d’un humour particulièrement noir et d’une réalisation éclatée et inventive ne cédant pas à d’habituels effets qui ont fini par lasser. Attention crime parfait ou presque (RLV et LT détestent).
D.B. HALF NELSON Jeune et brillant professeur dans un collège de Brooklyn, Dan Dunne enseigne avec passion l'Histoire à des adolescents en difficulté, auxquels il tente de transmettre ses idéaux et de redonner espoir. Mais sa propre vie bascule le jour où Drey, l'une de ses élèves, le surprend en train de fumer du crack dans les toilettes de l'école. Entre eux va se nouer une curieuse amitié. La première bonne raison d'aller voir
Half Nelson, long métrage réalisé par Ryan Fleck en 2006, tient en deux mots : Ryan Gosling. A vingt-six ans seulement, ce jeune comédien a déjà eu le temps de faire la preuve d'un talent et d'une présence extraordinaires dans tous les registres auxquels il s'est essayé, allant récemment jusqu'à reléguer Anthony Hopkins au rang de simple faire-valoir dans
La Faille de Gregory Hoblit. Ecrit à l'origine pour un acteur âgé de trente ans et des poussières par Ryan Fleck et Anna Boden, le rôle de Dan Dunne a été rajeuni pour coller sur mesure à son interprète principal. Et si on a par ailleurs l'impression de connaître par cour ces fameux films à la gloire des professeurs courage si chers aux Américains, celui-ci a néanmoins toutes les chances de sortir du lot si l'on en juge par cette tête d'affiche de choix (Ryan Gosling était nominé aux Oscars 2007 pour sa performance) et son synopsis plutôt accrocheur. En espérant bien sûr que le film ne finisse pas par sombrer dans des abîmes de guimauve après des débuts prometteurs. On y croit ferme.
C.L.DELIRIOUS Un paparazzo (Steve Buscemi) s'associe à un SDF (Michael Pitt) pour prendre la photo qui fera sa gloire. Seulement Toby, le SDF en question, entame une romance avec la star Kharma Leeds, objet de toutes les convoitises. C'est une belle perspective de retrouver le duo Tom Dicillo et Steve Buscemi, après la grande réussite que fut ça tourne à Manhattan. Ici, on peut donc s'attendre à poser un regard intéressant sur le monde du showbiz, avec Buscemi en être vil et profiteur, Michael Pitt en SDF et assistant innocent qui va tomber amoureux d'une star (et vice versa). L'air est certes connu, mais cette critique d'un milieu superficiel mâtiné de comédie romantique (à la Coup de foudre à Notting-Hill) devrait être un film sympathique. Au vu de ses premiers extraits, on peut même espérer qu'il ait un ton satirique, même si DiCillo n'a jamais vraiment retrouvé l'audace, le regard drôle et vachard qui était le sien dans ça tourne à Manhattan (1995). Mais vu le sujet, les dialogues, les acteurs, l'espoir est permis.
N.H.LE FANTOME DE GOYA La jeune égérie (Natalie Portman) du peintre Goya (Javier Bardem) se trouve accusée par l'inquisition. A travers cette histoire, Milos Forman va sans doute dépeindre les contradictions profondes qui déchiraient l'Europe à la et fin du 18ème siècle en livrer son interprétation. Goya était en effet marqué par la philosophie des lumières et lié aux idées progressistes de la Révolution. Il se heurte ici, à travers la persécution de son modèle, à l'obscurantisme le plus cruel et le plus intolérant qui soit. En y réfléchissant, le cinéma a assez peu abordé le sujet de l'inquisition. Le film le plus marquant à ce titre est Le Nom de La Rose de Jean-Jacques Annaud. Milos Forman est un cinéaste qui a dépoussiéré les films d'époque et les grandes figures classiques d'une manière assez sulfureuse (dans Amadeus bien-sûr, et Valmont où il retrouvait le vrai parfum de scandale des Liaisons dangereuses de Laclos). Sa vision de ce moment trouble de l'histoire ne peut qu'attiser la curiosité car on connait son absence de compromis et sa volonté d'évoquer des figures et des sujets controversés (Vol au dessus d'un nid de coucou, Larry Flynt ou même Man on the moon). Ce film pourrait bien être la synthèse de tout ce qu'il sait faire, choisir un personnage fort et emblématique, Goya, plongé dans une époque explosive à la fois révolutionnaire (en 1792) et obscurantiste: paradoxale, contradictoire et intense.
N.H. Dossier réalisé par David Brami, Kevin Dutot, Alexandre Jumel, Romain Le Vern, Caroline Leroy, Elodie Leroy, Arnaud Mangin, Cédric Muffat et Gwenael Tison