Le DVDOn a le droit d'être consterné par le fait qu'un tel chef-d'œuvre n'ait jamais bénéficié de traduction française en zone 2. c'est cependant un moindre mal : le zone 2 anglais, disponible un peu partout, propose des sous-titres français sur le film (dialogues uniquement). Les bonus sont en revanche vierges de tous sous-titres, mais les intervenants s'exprimant dans un anglais très oxfordien, vous ne devriez pas avoir trop de mal à les suivre.
Si le DVD en lui-même ne paie pas de mine (boîtier amaray tout bête), le contenu de la galette a de toute évidence fait preuve d'un soin quasi-maniaque. Le transfert tout d'abord : l'image – au format cinémascope respecté – a été effectué à partir de l'interpositif d'origine. Et cela se voit : le piqué des images est fabuleux (les gros plans du début du film), la palette de couleurs resplendit de mille feux et pas la moindre poussière ne vient montrer son vilain nez. La partie son n'est pas en reste, avec un mixage 5.1 et une piste dolby stéréo issus des masters d'origine. Bref ; une orgie aussi bien sonore que visuelle.

Les menus du DVD ont également été très travaillés, et nous replongent efficacement dans l'ambiance du film. Dès l'écran de présentation, qui parodie les titres d'anciens albums du groupe, on comprend que le DVD a été réalisé par des fans. Chaque page de menu reprend le gimmick des quatre options, toutes introduites par une animation qui ne se reproduira qu'une fois, et qui permettent de choisir entre les différents bonus et réglages. On émettra simplement un bémol sur la sélection des chapitres, qui ne montre aucune capture du film, juste des numéros! Pas très pratique...
Outre un système comparable au "THX Optimizer" destiné à régler votre installation sonore et une piste de sous-titres isolée contenant uniquement les paroles des chansons (en anglais), l'interactivité se partage essentiellement entre le commentaire audio de Roger Waters et Gerald Scarfe et trois documentaires.
Le premier (non sous-titré comme nous le précisions au début) est peut-être un peu avare en anecdotes, mais il s'avère très agréable à suivre. Le fait que les deux hommes se connaissent et s'apprécient visiblement beaucoup n'est pas étranger à ce fait, Waters n'hésitant pas à déconner joyeusement quand l'envie lui en prend – et ce dès le logo MGM -. On regrettera tout de même l'absence d'Alan Parker derrière le micro, d'autant que son nom n'est pas prononcé une seule fois en une heure et demie, un comble! Cela s'explique sans doute par le fait que la collaboration entre les trois hommes n'a pas vraiment été idyllique, le binôme Waters / Scarfe s'opposant souvent à Alan Parker pour cause de "différends artistiques". Une sympathique anecdote pour la route tout de même : Roger Waters évoque la participation de Bob Geldof (qui joue Pink, son alter-égo à l'écran), et notamment les réticences de ce dernier à s'associer à un film portant l'étiquette "Pink Floyd". Son agent lui proposa le projet durant un trajet en taxi, ce à quoi Geldof répondit en termes très fleuris que cela ne l'intéressait pas le moins du monde et qu'il ne portait pas spécialement le groupe et sa musique dans son coeur... sans se douter une seule seconde que le chauffeur du taxi n'était autre que le frère de Roger Waters!


Le "gras" de l'interactivité est constitué par deux making-of, dont l'un – réalisé en 1999 pour le DVD – est scindé en deux parties pour un total de 40 minutes. Les trois principaux maîtres d'œuvre, auxquels s'ajoutent Peter Biziou (directeur de la photo), Alan Marshall et James Guthrie (respectivement producteurs du film et de la musique), y livrent leurs souvenirs et reviennent sur la genèse du projet, la mise en place du film et le tournage de certaines scènes (le congrès parodiant un régime totalitaire, pour lequel la production avait fait appel à d'authentiques skinheads pour la figuration!). Peu adepte de la langue de bois, Roger Waters n'hésite pas à nous faire part de sa frustration quant au résultat final (pour lui, c'est simple : le film manque cruellement d'humour!). Passionnant en tous points, même si l'on aurait voulu que le documentaire rentre plus encore dans les détails.

Le making-of d'époque, d'une durée respectable de 25 minutes, nous permet de voir Alan Parker et le reste de l'équipe au travail, et donne une bonne idée de l'atmosphère de création fébrile qui régnait alors. Un apport plus que sympathique qui compense efficacement l'absence d'images d'archives sur le documentaire précédent.
Enfin, l'interactivité se clôt avec la bande-annonce, le clip de
Another Brick In the Wall, la scène de
Hey You (une chanson qui fut coupée du film à la dernière minute, mais dont les images d'émeutes sont visibles ailleurs dans le métrage), ainsi qu'une petite galerie de photos et de dessins de Gerald Scarfe, dont certains sont superbes.
Bonne nouvelle pour les amateurs de bonus cachés : des "boutons secrets" (en fait des vignettes apparaissant dans les menus) vous donneront accès à des clips sonores ne dépassant pas cinq secondes, utilisés par le groupe sur leurs chansons (pour y accéder, rien de plus simple: quand apparaît l'une de ces vignettes, pressez sur la touche 9 de la télécommande).
Au final ; une édition d'exception pour un film qui ne l'est pas moins. A acquérir d'urgence.