Amusant paradoxe : lorsque l'on lâche le mot "Espionnage", soit un des genres cinématographiques les plus populaires, la plupart des gens vous répondront du tac au tac "James Bond". Donc rien de moins que la série d'espionnage la plus fantaisiste qui soit ; et l'une des moins représentatives de ce qui fait les qualités du "vrai" film d'espionnage.
Et à quoi reconnaît-on un "vrai" film d'espionnage nous direz-vous ? A sa sobriété, tout d'abord, mais aussi et surtout à son réalisme. Difficile en effet de rentrer à corps perdu dans une intrigue quand cette dernière semble être construite de guingois, basée sur un enjeu par trop rocambolesque, ou tout simplement insuffisamment documentée. Ce qui place le cinéma d'espionnage en porte-à-faux par rapport à l'univers qu'il décrit, celui du renseignement : ce dernier est mystérieux, par vocation et par définition. Tout ce qui peut nous aider à gratter la couche de peinture opaque est donc le bienvenu.
En pratiquement un siècle d'existence, le cinéma d'espionnage a évolué en même temps que le métier qu'il dépeint, s'en nourrissant et le décortiquant constamment. On peut donc affirmer sans trop prendre de risques qu'en matière de renseignement, le septième art fait parfois mouche, surtout quand il revient
a posteriori sur des faits historiques. Et pour s'en convaincre, quoi de mieux qu'une petite revue de détails des clichés et thèmes les plus rebattus du film d'espionnage ?
Pour chaque partie, un film choisi pour son obédience "réaliste" viendra appuyer le propos par l'exemple. Et si votre petit chouchou n'y figure pas, inutile de vous en plaindre à ma direction, qui niera avoir eu toute connaissance de mes activités, les pleutres.
