Par Cédric Muffat - publié le 26 juin 2006 à 12h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h01 - 0 commentaire(s)
K-19 (K-19, the widowmaker)
Kathryn Bigelow, 2002




Le premier film du genre "nucléaire", chronologiquement parlant, déroge à la règle générale en cela qu'il est adapté d'un fait réel plutôt que d'un chapelet d'éléments épars. Soit l'accident qui, en 1961, aurait pu provoquer l'explosion du réacteur du sous-marin nucléaire russe K-19, conduisant ainsi probablement à une escalade qui aurait pu plonger les USA et l'URSS dans une guerre ouverte. Si nos parents -et donc nous-mêmes- sommes vivants aujourd'hui, c'est donc sans doute grâce au courage et à l'esprit de sacrifice des marins du K-19. Et si cette déclaration vous paraît exagérée, on vous conseille de voir le film avant de vous faire votre opinion.



Kathryn Bigelow, la réalisatrice la plus couillue actuellement en exercice au pays de l'Oncle Sam, ne se fait pas prier pour le rappeler dans un film quasi-miraculeux, qui allie suspense militaire, souci de véracité (le film est coproduit par la National Geographic), personnages multidimensionnels et émotion brute avec une alchimie rare. Alors bien sûr; on pourra critiquer l'accent russe de Harrison Ford et de Liam Neeson (en VO) ou un épilogue tirant un peu en longueur, mais la sincérité du propos et la maîtrise de la mise en scène rattrapent aisément ces petits écueils. Et quoi qu'il en soit, maintenir le suspense dans un film de sous-marin sans qu'une torpille ne soit tirée ou qu'une grenade ne soit jetée à l'eau mérite d'être salué.

A la poursuite d'Octobre Rouge (The hunt for Red October)
John McTiernan, 1989


Si Das Boot est la référence du film de sous-marins en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale, À la poursuite d'Octobre Rouge est sans conteste le mètre-étalon en ce qui concerne l'ère nucléaire. Le film qui lança l'intérêt pour les histoires de sous-marins nucléaires en premier lieu. Dans ce qui reste comme un de ses chefs-d'œuvre, McT. nous livre rien de moins qu'un pot-pourri des scènes les plus emblématiques du film de sous-marins. Jeu du chat et de la souris, combats sous-marins rehaussés de stratégie militaire ("Ivan le fou!"), relents de Guerre Froide entre superpuissances, "traître" infiltré dans le submersible, et même slalom à l'intérieur d'un canyon sous-marin opéré aux instruments… presque rien ne manque.





Mais ce serait insulter le film que de le résumer à un simple best of: il s'agit avant tout d'un thriller militaire au rythme infaillible, et de loin la meilleure adaptation d'une aventure de Jack Ryan à l'écran. Paradoxalement, le personnage de Jack Ryan n'y est pas prédominant: on est bien plus captivé par l'odyssée du capitaine Ramius (Sean Connery), qui tente de faire passer son équipage à l'ouest à bord d'un sous-marin révolutionnaire (l'Octobre Rouge, pour ceux qui n'ont pas suivi) dont il a obtenu le commandement pour sa mission inaugurale.


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