Par Stanislas Bernard - publié le 11 décembre 2007 à 16h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h53 - 0 commentaire(s)
Made in Japan
Depuis la Seconde Guerre Mondiale et les bombardements de Nagasaki et Hiroshima, le Japon reste le seul pays à avoir connu une attaque nucléaire. Traumatisme profond ancré dans la conscience collective, la destruction massive et la peur de l’holocauste nucléaire nourrissent depuis plus de 60 ans le cinéma Japonais. Avec les innombrables films de monstres, Godzilla en tête, le Japon s’intéresse souvent à la catastrophe en elle-même afin d’exorciser ce traumatisme.


Avec Akira, Katsuhiro Otomo s’attache aux conséquences d’une explosion au cœur de Tokyo causée par des enfants aux pouvoirs spéciaux. Dans la bande dessinée et dans le film Otomo réalise plus une pure œuvre de SF sur fond de critique virulente de la société japonaise en s’éloignant de l’imagerie classique du film post-apocalyptique. Dans la deuxième moitié de la bande dessinée, l’histoire rentre sans retenue dans un univers « à la Mad Max », partie complètement survoltée qui est malheureusement absente du film.
Yoshiaki Kawajiri quant à lui rentre de plein pied dans le genre post-nuke pour livrer l’un des plus beaux animes au monde. Tout ce qu’aurait pu/dû être Blade trinity (David Goyer annonçait un script se déroulant dans un univers similaire) se trouve dans l’immense Vampire Hunter D qu’il réalise en 2000. La terre est ravagée et l’humanité lutte contre des hordes de vampires. Un univers singulier mélangeant western, horreur gothique et bastons homériques pour accoucher de l’un des fleurons du genre.


Mais c’est avec Nausicaä de la vallée du vent d’Hayao Miyazaki que le genre tiendra l’un de ses plus beaux chef-d’œuvres. Des centaines d’années après la destruction quasi totale de l’humanité et de notre civilisation durant les sept jours de feu, les survivants doivent faire face à la nature qui a repris le dessus avec une forêt toxique. Mélangeant allégrement les inspirations visuelles et les genres, Nausicaä apportent au film post-apocalyptique la touche inimitable et la poésie de son créateur. Véritables morceaux de bravoure épiques s’étalant sur presque deux heures, Nausicaä distille le message écologique cher à Hayao Miyazaki.


Il serait bien difficile de compiler l’intégralité des films composant ce genre si important qui a fourni un nombre incroyable de chefs d’œuvre (la plupart de ceux qui sont cités plus haut) mais aussi de films ratés et d’échec cuisant. Reste à savoir dans quelle catégorie se situera Je suis une Légende. Réponse le 19 décembre.
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