Rappelez-vous ces marathons vidéo festifs et sauvagement burnés nourris par les actionners des années 80. Ce fameux sous genre bovin dont les héros peuvent s'étendre la peau des couilles avec les dents pour s'en servir comme lance-pierres… Et bien c'est reparti avec
The Marine qui n'envahira pas beaucoup d'écrans en France, le degré de confiance des distributeurs n'y voyant là rien d'autre qu'un gros machin rigolo mais artistiquement nullissime quand même - ce qui est le cas. Il faudra donc se bagarrer pour trouver une salle réconfortant les aficionados d'un cinéma où ce n’est pas toujours le plus malin qui gagne. Une certaine nostalgie nous gagne et nous replonge dans l'univers fabuleux des grosses veines sur les gros bras…
John Cena dans The Marine : Le petit dernier !John Triton, c'est le genre de mec qui assomme tout un troupeau de boeufs d'un seul coup de poing sur le premier de la file : on ne la lui fait pas ! Et après un retour de l’enfer de la guerre irakienne, il coule une petite retraite anticipée dans son doux foyer, même si c'est encore lui le patron à la maison… Non mais sans blague ! Ca ne l'empêche pas d'aimer sa petite femme et d'en prendre soin avec ses petits bras musclés. La roucoulade aurait pu durer éternellement si Madame Triton n'était pas soudainement kidnappée par une bande de braqueurs qui avaient besoin d'une voiture lors d'une pause pipi dans une station service. John, qui n'avait désossé personne depuis quelques jours, laisse alors tomber ses bouquins de philo et se lance à leur poursuite… Entre son intro façon
Portés disparus contournant quelques réalités historiques lorsque notre héros dégomme à lui tout seul un commando d'Irakiens prêts à égorger des soldats retenus en otages – avec la méthode Arnold s'il vous plait –, des explosions qui dépassent les lois de la physique, un budget étincelles dépensé jusqu'au dernier centime, des mecs qui ont tous des bras comme des sofas, Robert Patrick qui descend de voiture au ralenti, son final sponsorisé par Monsieur Bricolage et des alligators qui s'en mêlent pour en rajouter une couche dans le sadisme morbide,
The Marine assume à mort son ébullition de testostérone.
Arnold Schwarzenegger dans Commando : Le Baron !Des méchants ont kidnappé Alissa Milano ? Monumentale erreur, c'est la fille d'Arnold ! Et le hic pour les méchants, c'est qu'ils sont dans un film d'Arnold Schwarzenegger. Ce qui leur laisse approximativement 0.0003% de chance de survie, d'autant plus qu'il est ici en pétard, jeune, et en super forme. On fera l'impasse sur les nombreux déboîtements de vertèbres, les démembrements, les enfourchements, les sauts depuis un train d'atterrissage alors que l'avion décolle et autre arrachement de fauteuil pour s'installer dans un décapotable sans être repéré puisqu'on s'étalerait alors dans le guide du parfait petit ogre. Mais il est impossible de passer à côté de l'inévitable empoignade contre Bill Duke, autre armoire à glace qu'Arnold retrouvera plus tard dans
Predator où les coups de poing échangés dérailleraient une gare en quelques secondes. Idem pour le célèbre "Tu te souviens quand j'ai dis que je tuerai en dernier. Et bien je t'ai menti !". Car en effet,
Commando signe également l'entrée en matière d'Arnold dans l'univers joyeux des punchlines qui deviendront rapidement sa spécialité (comme celle de son frère d'arme Stallone), et sonneront comme un coup de semonce avant la mise à mort. Quand John Matrix vous balance une vanne, ce n'est effectivement pas annonceur de bon présage.