Ils vous ont fait vibrer comme des fillettes à la simple vue de leur tour de bras. Grâce à eux, vous avez parfois appris qu'il n'y avait que 16 lettres dans l'alphabet ou qu'un corps humain contenait 29 litres de sang. Ils vous ont offert du courage et vous avez enfin bravé votre petite soeur démoniaque qui tentait de vous étouffer avec ces ballerines. A l'occasion de la sortie de
Die Hard 4 en DVD et Blu-Ray, rendons hommage à ces héros de films d'action américains qui ont bercés nos rêves de muscles, d'explosions, de testostérone et de répliques assassines. Car au delà du geste brutal, il y a souvent un bon mot... Yippe Ki Yay Motherfucker!!!
Bien entendu, tous les hommes d'action ne sont pas là. Mais un prochain dossier pourrait aisément mettre en avant les oubliés du genre, du plus au moins crédibles (Wesley Snipes, Dolph Lundgren, Eddie Murphy...)
BRUCE WILLIS par Nicolas SchiaviLaissons de côté l'inutile
Piège en Eaux Troubles et le très sympathique
Dernier Samaritain. Ces personnages ne sont que des faux semblants, des pendants miséreux du plus grand nom du film d'action américain: John McClane. Tout commence au Nakatomi Plaza en 1987. Le policier new-yorkais, en froid avec sa femme, lui rend visite pendant les vacances de Noël dans une immense tour de verre pour un pot d'entreprise entre collègues dévoués. Et si Hans Grüber et ses acolytes terroristes ne s'étaient pas invités à la fête, McClane aurait pu tranquillement siroter une bière et pourquoi pas, balancer quelques blagues aux invités guindés. Mais non. On est tellement mieux les pieds nus, armé d'un automatique et faisant face à une horde de miliciens à l'accent germanique. John Mc Tiernan balance des construction de cadres démentiels et Michael Kamen un thème à sept notes cristallin. Alors McClane, coure, saute, saigne, joue a Spiderman sur les toits de l'immeuble de cristal et finit par sauver sa femme en jouant à Gary Cooper. Une légende est née.

John McClane remet le couvert en 1990 avec
58 Minutes Pour Vivre. En gros, c'est le même topo sauf que le terrain de jeu s'étale sur tout un aéroport. Le huis clos s'oriente vers des séquences extérieures enneigées où notre flic dur à cuire reprend les recettes qui ont fait de lui un homme increvable: il pique à glace dans un corps à corps avec un soldat rebelle, s'envoie en l'air en s'éjectant d'un avion et brandit une torche dans un élan lumineux pour éliminer tous les terroristes d'un seul coup. Une efficacité brutale, mixage limpide entre une brute épaisse et une malice à toute épreuve.
C'est en 1995 que débute une
Journée En Enfer buddy movie black and white (avec Samuel L. Jackson) et véritable jeu du chat et de la souris avec le frère du petit Grüber, qui aimeraient plaisanter avec John tout en dévalisant la Banque Nationale. New York est en flammes et
2007. Plus personne n'y croyait. D'accord, le montage est parfois exécrable, la scène de l'avion furtif est vraiment too much et Timothy Olyphant n'est pas à la hauteur des précédents bad guys de Die Hard. Mais franchement, il faut voir Bruce Willis balancer des insultes avec une décontraction insolente, tabasser une femme en furie ou se tirer dans l'épaule pour éliminer son ennemi dans un accès de masochisme exacerbé. Du grand McClane! Et à la question Pourquoi faites-vous ça?, il y a cette réplique ultime, la phrase d'un homme qui en à trop vu trop vécu, mais qui se bat encore:Je suis le seul à vouloir le faire... Dans Die hard 4, John McClane a accepter sa destinée de malchanceux éternel. Toujours au mauvais endroit, au mauvais moment.
Ce que John McClane a apporté de neuf au cinéma d'action, c'est un héros de taille humaine, qui souffre, saigne et est pourvu d'un cynisme grandiloquent. C'est l'antithèse du macho baroudeur, mais l'essence même du cow boy solitaire. Bruce Willis a ajouté le charme décontracté au muscle, un mix entre David Addison (Clair de Lune) et Steve McQueen. Un héros drôle, irrévérencieux, malin et désespéré à la fois. Souvent imiter, jamais égaler, Die Hard est à jamais la meilleure licence de film d'action.
"Sur 9 millions de terroristes dans le monde, j’en tue un et il a les pieds plus petits que ma sœur" (John McClane, pieds nus et cherchant à tout prix chaussure à son pied - Piège De Cristal)