Sinbad le marin (1947)
De Richard Wallace, avec Douglas Fairbanks junior
Si l’on excepte sa sensualité presque inconvenante (pour l’époque du moins), cette version du plus célèbre conte des 1001 nuits est l’une des rares, si ce n’est la seule, dont le visuel nous donne l’impression d’avoir littéralement plongé dans une illustration enfantine. Qu’il s’agisse du technicolor surnaturel de George Barnes ou des décors ultra-too-much d’Albert D'Agostino et Carroll Clark, chaque intérieur de palais ou bord de mer ferait passer le
Aladdin de Disney pour un documentaire sur le conflit irakien. Si les adaptations suivantes bénéficieront de l’apport définitif de Ray Harryhausen aux effets spéciaux, aucune n’atteindra la qualité onirique de cette version particulière.
Les Révoltés du BountyDes trois versions disponibles de ce classique marin, préférez sans hésiter celle en noir et blanc, dirigée par Frank Lloyd (1935) avec Charles Laughton (best actor ever) et Clark Gable en têtes d’affiches. La version couleur de Lewis Milestone (1962) n’est restée dans l’histoire que pour son budget explosé, son tournage bordélique et son Marlon Brando abonné aux tabloïds. L’immense David Lean a longtemps travaillé dans les années 70 sur sa propre adaptation, qu’il concevait en deux parties de trois heures, mais l’essentiel de son travail lui a été tout bonnement subtilisé par le producteur Dino De Laurentiis, qui le confia en 1984 au transparent Roger Donaldson pour en faire une version allégée, avec un casting rétrospectivement prestigieux (Mel Gibson, Anthony Hopkins, Laurence Olivier, Edward Fox, Daniel Day-Lewis, Bernard Hill et Liam Neeson) mais débarrassé de toute la grandeur, la fureur et la subtilité que Lean avait cherché à conférer à ce récit complexe.