SUPERMAN 4Comment tuer un mythe ou comment ridiculiser un super-héros ? Il s'avèrera que le budget alloué à
Superman IV n'était pas de 40 millions de dollars comme annoncé mais de la moitié. Ce qui expliquera entre autres la pauvreté des moyens techniques du film et des horribles effets spéciaux. C'est bien simple, en regardant le film on ne peut s'empêcher de rire tout du long surtout dans sa deuxième moitié où le combat Homme-Nucléaire/Superman rentre instantanément dans l'anthologie de la science-fiction ringarde mais rigolote. On pense à une succession de scènes coupées où les effets spéciaux font pitié et étaient déjà pathétiques à la sortie du film. En regardant bien le film, on se rend compte qu'il s'agit tout le temps du seul et même plan (moche) de Superman en train de voler, y compris dans l'espace. Même le S paraît scotché sur la cape. Les amateurs de nanars seront aux anges et Warner a mis les petits plats dans les grands avec les scènes coupées présentes sur le dvd présentant le premier Homme-Nucléaire raté de Lex Luthor. On « rêve » alors d'une version longue mais on se contente de ce que la Warner a bien voulu nous offrir.

Que reste t-il de
Superman IV aujourd'hui ? Une succession d'invraisemblances comme l'évasion de Lex Luthor et surtout L'Homme-Nucléaire qui emmène sa bien-aimée faire un petit tour dans l'espace habillée en tailleur et talons hauts. La qualité du dvd fait ressortir la pauvreté des effets spéciaux en particulier les transparences hideuses des scènes de vol où les acteurs sont constamment entourés d'un halo bleu persistant. Guettez les bottes transparentes de Superman quand il rattrape la statue de la liberté au vol, les beaux rideaux noirs durant le dernier et mythique combat sur la lune ou bien le gros cercle bleu qui entoure Superman juste avant qu'il ne rattrape Lucy dans l'espace. Le film vaut essentiellement pour l'affrontement kitschissime au possible de Superman et de l'Homme Nucléaire dont vous pouvez déjà vous donner une idée par les captures d'écran. Mark Pillow interprète la créature de Lex Luthor, aisselles rasées, permanenté et manucuré pour son unique apparition cinématographique. Passant la plupart du film à beugler «Détruire Superman », on imagine que le bougre a dû se faire charrier un bon moment après la sortie du film. Aux dernières nouvelles il se cacherait avec sa famille au Texas... Toujours est-il que
The Quest of Peace (titre original) comblera les fans de nanars. Les fans du super-héros ont crié au scandale et renient le film, certains n'en ont même jamais entendu parler et le film n'est passé à la télévision française qu'au tout début des années 90 sur Canal+. La version dvd diffère légèrement avec deux scènes manquantes du film mais présentes dans les scènes coupées non finalisées : la scène de la tornade et la scène où l'Homme-Nucléaire braque le missile sur les russes.
Sydney J.Furie enterre le mythe et se vautre dans le vaudeville lors de la scène où Loïs et Lucy invitent Superman et Clark à dîner, Clark devant faire l'aller-retour entre une identité et une autre. Christopher Reeve tenait beaucoup à évoquer le désarmement nucléaire mais paraît lui-même fatigué et frustré devant la médiocrité des effets mis à sa disposition. Superman devient une marionnette (les câbles sont constamment visibles) au propre comme au figuré dans le petit théâtre dépouillé de ses producteurs.
Le plus surprenant est que le film se regarde sans véritable déplaisir. Le charisme de Christopher Reeve subsiste et on rigole surtout beaucoup devant un tel naufrage artistique. Gene Hackman disparaît dans la seconde moitié du film et cabotine comme rarement. Ilya Salkind de son côté était parti produire
Superboy pour la télévision, ce qui n'a pas redoré le blason du super-héros. Il aura fallu attendre 1993 pour que Superman reprenne son envol avec succès dans
Loïs et Clark, les nouvelles aventures de Superman.