LA SAVEUR DE LA PASTEQUE Dans
Vive l’amour !, le réalisateur Tsai Ming-Liang ciselait un vaudeville déprimant sur des personnages qui avaient la malchance d’aimer la personne qui ne les aimait pas ; dans
The hole, il faisait swinguer un immeuble en pleine inondation en incrustant dans un monde moderne et sordide des parenthèses de comédies musicales rigolotes ; dans
Et là-bas quelle heure est-il ? (son plus beau film, d’une tristesse inconsolable), il montrait des personnages confrontés au deuil qui trituraient les aiguilles des montres, partaient au bout du monde, baisaient avec n’importe qui... pour mieux fuir l’horreur du quotidien ; dans
Goodbye Dragon Inn, des hommes en pleine misère affective et sexuelle se perdaient dans les dédales d’un cinéma et tentaient de vivre leurs fantasmes secrets. Dans
La saveur de la pastèque, qui doit être vu comme la suite du sublime
Et là-bas quelle heure est-il ?, le vendeur de montres est devenu acteur de films pour adultes qui attend, comme tout le monde, l’amour qui peut se manifester n’importe où n’importe quand, en même temps qu’il est titillé par les ahanements d’une actrice japonaise sexy en diable et maniée comme une poupée mécanique. La pastèque du titre est un substitut d’eau en même temps qu’elle peut devenir un apparat sexuel extrêmement torride (voir la première scène). Comme dans tous les Tsai, tout est affaire de regards, de silences, de gestes qui reflètent les tohu-bohus intérieurs de gens qui ne nous sont pas si étrangers, avec les mêmes envies silencieuses et attentes secrètes. Ce qui est séduisant dans ce cinéma, c’est le refus d’expliquer. Comme dans
The Hole, les moments neurasthéniques ou saugrenus sont alternés avec des interludes musicaux qui traduisent la folie créatrice de l’artiste mais surtout un moyen d’évasion pour les personnages. Sous les peaux de chagrins, on célèbre la vie et on baise à la chaîne, de manière gargantuesque, histoire de se trouver une raison de vivre. En voulant réaliser une fiction à la lisière du X qui ne répond pas aux critères du genre (pas de gros plans mais pas de suggestion non plus), Tsai Ming-Liang filme le désir (et sa quintessence) comme quasiment personne et rappelle accessoirement que baiser fait scandaleusement du bien. La scène finale, la plus tripale et la plus dérangeante, est aussi la plus belle parce que c’est uniquement lorsqu’ils auront prouvés leur amour, dans un ultime râle de jouissance, que les personnages échapperont à leur statut d’âmes en peine et se consoleront enfin de leur solitude. Grand film, grande suite.
RLV
LE PARRAIN 2 A la mort de Vito Corleone, dit "le Parrain", c'est son fils, Michael, qui reprend les affaires familiales. Très vite, son ascension dans le milieu mafiosi est fulgurante. Depuis la mort De Don Vito Corleone, son fils, Michael, règne sur la famille. Amené à négocier avec la mafia juive, il perd alors le soutien d'un de ses lieutenants, Frankie Pentageli. Echappant de justesse à un attentat, Michael tente de retrouver le coupable, soupçonnant Hyman Roth, le chef de la mafia juive. Vito Corleone, immigrant italien, arrive à New York au début du siècle ; très vite, il devient un des caïds du quartier, utilisant la violence comme moyen de régler toutes les affaires. Seul au départ, il bâtit peu à peu un véritable empire, origine de la fortune de la famille des Corleone. Alors qu'à l'origine il avait poliment décliné l'offre du studio Paramount en 1974 (trop de souci sur le tournage du premier
Parrain), Coppola fort d'un budget colossal (15 millions de dollars, c'est-à-dire deux fois et demi celui du premier) a finalement accepté de reprendre tous les passages qu'il avait éludé dans le premier volet et revient de manière binaire sur la vie de Michael Corleone et celle de son père en alternant avec une maestria absolue les époques et les intrigues. Coppola s'est surpassé en terme de direction d'acteur, de metteur en scène. Les deux prises de pouvoir sont montées en parallèle. Le scénario complexe qui met en évidence une transmission de la violence est un modèle de rigueur qui s'appuie sur un paradoxe : alors que Vito construit une famille autour de lui, Michael la détruit en voulant à tout prix rester le leader. A l'époque, personne ne s'y est trompé: pour la première fois dans l’histoire du cinéma, une suite a obtenu plus de récompenses que l’original: six Oscars ont été décernés pour cette œuvre dont celui de meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur de second rôle pour Robert De Niro et meilleure musique.
RLV
ALIENS LE RETOUR Après avoir dérivé 57 ans dans l'espace, Ellen Ripley est rapatriée sur une station spatiale. La compagnie Weyland Yutani qui l'employait la somme alors d'expliquer la perte de la cargaison et de l'équipage du Nostromo. Elle raconte alors sa lutte contre une entité extraterrestre, mais personne ne la croit : en effet la planète LV-426 d'où selon elle provenait la "chose" a été colonisée depuis plusieurs années et une communauté y vit en toute quiétude. Ripley est donc dégradée et renvoyée à la vie civile. Mais bien vite son avocat la recontacte : on a perdu toute liaison avec les colons et un bataillon de Marines coloniaux va être envoyé sur place pour enquêter. Il lui demande de les accompagner. Ripley hésite, mais s'étant vu promettre que la créature serait "détruite" et non "étudiée" et que sa licence de vol allait lui être restituée, elle accepte de partir... Arrivant sur la planète avec les Marines, toute la colonie reste introuvable. Pire que tout, la navette qui devait racompagner Ripley et les Marines à bord de leur vaisseau s'écrase. Ils sont bloqués sur la planète et découvrent alors que celle-ci est devenue le repaire des Aliens. Un combat acharné va alors commencer entre le petit groupe d'humains et leurs féroces ennemis. La suite du chef-d'oeuvre de Ridley Scott est-elle supérieure au film initial ? Nous sommes plusieurs à le penser tant la virtuosité de James Cameron écrase tout sur son passage. Un choc qui date de 1986 et que nous n'avons pas oublié.