LES POUPEES RUSSES Les poupées russes se passe cinq ans après
L’auberge espagnole, grand film sur la post-adolescence, et épouse comme prévu le point de vue du personnage principal à grand renfort de split-screen et d’incrustations numériques. A la fin de l’opus précédent, Xavier refusait les carcans du conformisme et la grisaille monotone du train-train quotidien pour vivre de sa vraie passion et devenir écrivain. Soit. Seulement voilà, quand l’heure du bilan approche, ce sont les rêves qui déchantent. Entre le grand-père prégrabataire qui demande à voir la copine du petit-fils, la mère qui se trouve un nouveau mec et les soucis de l’ex qui est restée amoureuse, notre protagoniste ne sait plus où donner de la tête et multiplie les conquêtes d’un soir. Histoire de ne pas grandir. Cela peut paraître passe-partout mais c’est vrai : tout sonne incroyablement juste dans ce film tant il est traversé par un voile de mélancolie subtil, tant les personnages ont fini leurs études et se cherchent désormais une place dans la société, tant il est dur de résister aux tentations qui passent. Klapisch peaufine les peintures de caractères et brosse quelques tranches de vies qui ressemblent étrangement à celles des adulescents que nous sommes. Romain Duris n’incarne pas, il est cet homme immature qui n’aspire qu’à la stabilité. Et à travers lui, tout un chacun s’y retrouve : ses mésaventures renvoient à des choses (pas toujours glorieuses) qu’on a tous déjà vécues. Donc suite très réussie d’un film de potes ? Oui, assurément, mais qui ne rime pas avec lourd opportunisme et qui ne cherche pas à cligner ostensiblement à l’œil du spectateur. L’ambition de Klapisch est plus noble, celle de faire du cinéma fédérateur et universel qui donne envie de danser la grande farandole de la vie. Sans chercher à recycler les meilleurs gags du premier, en évoluant en même temps que les personnages (ce qui explique le judicieux choix d’avoir attendu cinq bonnes années pour tourner la suite). Outre le fait que l’ensemble ressoude encore plus fortement le lien entre Klapisch et son Antoine Doinel de Romain Duris, la recette pro-Europe, déjà gagnante dans L’auberge espagnole, est tellement efficace qu’elle pourrait être exploitée ad vitam eternam sans que cela ne pose problème.
RLV
DEAD OR ALIVE 2 Aux antipodes d'un premier volet qui reposait essentiellement sur son prologue électrisant et sa conclusion explosive, le second
Dead or Alive propose une intrigue compréhensible et fluide, même si elle se révèle finalement incohérente avec les événements du premier
Dead or Alive (normal puisque ça se terminait sur la fin du monde). On retrouve les mêmes acteurs dans des rôles différents, comme s'ils étaient perdus dans un purgatoire. Cette fois, l’intérêt réside toutefois ailleurs, notamment dans la capacité du cinéaste à émouvoir avec une histoire dérisoire et invraisemblable. Cela trahit une influence sous-jacente du cinéma Kitano qui lui aussi aime beaucoup les plans fixes, les petites musiques et les belles scènes au bord de la mer avec une photo qui donne l'impression qu'elles ont été peintes à l'aquarelle. Accessoirement, il prouve une authentique maîtrise formelle et parvient à se jouer des pièges d’un scénario loufoque, sans verser dans le ridicule. Ça en est presque apaisant.
RLV