Comme promis, voici la suite de notre dossier sur les trilogies au cinéma, et plus précisément sur l'intérêt de réaliser ce fameux troisième épisode. Pour élargir le panel et rendre l'exercice plus amusant, il est maintenant possible de traiter le numéro 3 d'une saga plus importante encore (exemple : Alien) mais à condition de ne pas prendre en compte les épisodes suivants. Trèves de blabla à présent, le cinéma n'attend pas...
LE PARRAINTrilogie parmi les plus connues,
Le Parrain de Francis Ford Coppola a marqué par sa rugosité, son magnifique classicisme et l'intérêt se dégageant de chacune de ses scènes. Nous sommes en 1972 et Coppola rassemble un casting monumental dont Marlon Brando en Don Vito Corleone et Al Pacino dans celui de son fils. Véritable marche funèbre, ce qu'aura parfaitement compris trente-cinq ans plus tard la série les Sopranos, un classique est instantanément né, racontant l'une des plus passionnantes histoires autour de la mafia. Deux ans plus tard, Coppola remet ça avec
Le Parrain 2, racontant parallèlement la jeunesse de Corleone que Robert de Niro incarne et l'ascension de son fils. Phénomène assez rare, cette suite est souvent considérée comme meilleure que l'original.
Seize ans et une palme d'or pour
Apocalypse Now plus tard, Coppola, dont la carrière part en sucette, sort
Le Parrain 3. Un troisième épisode reprenant la noirceur des précédents mais n'arrivant malheureusement jamais à la cheville de ses prédécesseurs. Andy Garcia n'a décidément pas le charisme du jeune Al Pacino, lequel, vieilli, quitte ici son registre d'émotions intériorisées pour privilégier une théâtralité vraiment inadéquate. Pire encore, Sofia Coppola réalise ici ses vrais débuts d'actrice, dont la performance se montre tout bonnement catastrophique. Lucide, celle-ci comprendra que sa vocation dans le cinéma n'est autre que la réalisation, ce que ces trois films à ce jour ont parfaitement prouvé. Raté au niveau du casting,
Le Parrain 3 l'est aussi au niveau du scénario, soulevant des enjeux à l'intérêt évident après les deux premiers films (la fin d'un règne), mais se prenant les pieds dans le pathos, des facilités scénaristiques et finalement une platitude presque dérangeante. Evidemment, l'aura des deux autres films aura permis au
Parrain 3 de s'imposer dans les salles et en vidéo. Mais aujourd'hui, le fossé est accablant.
Intérêt de faire une trilogie : 2/10