Par Florent Kretz - publié le 16 janvier 2008 à 15h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h30 - 0 commentaire(s)
Autant le reconnaître tout de suite, comme à la rédaction de DVDRAMA, Death Sentence, le troisième long métrage du très prometteur James Wan, risque de diviser les avis tout comme l’a fait il y a quelques mois le A vif de Neil Jordan. Rappelez vous : on pouvait entendre des termes fortement discriminatoires dont les expressions les plus représentatives étaient « genre mauribond » ou encore « moralement indéfendable ». En effet le film d’auto défense et de justice expéditive souffre encore d’une réputation plus que sulfureuse due à son caractère considéré par beaucoup comme réactionnaire… Et pourtant, ce sous genre est plus que présent dans tout un pan du cinéma américain actuel dont les idées franchissent discrètement les frontières sans qu’elles soient pour autant choquantes aux yeux de ses mêmes détracteurs. La polémique risquant très certainement de reprendre –si ce n’est déjà fait- quand à la moralité des actes du personnages de Kevin Bacon dans le nouveau film du réalisateur de Saw, l’occasion se présente donc de faire justice à notre tour, et de redorer un peu le blason de ces films méprisés qui trouvent pourtant une certaine légitimité dans l’histoire des Etats Unis... Retour rapide sur la carrière de ce cinéma tendancieux.


L’Amérique : Le pays du flingue.

Personne n’est dupe : il n’aura pas fallut attendre le pamphlet de Michael Moore pour que le monde ouvre les yeux sur le rapport qu’entretiennent les Etats Unis avec les armes à feux. Que Bowling for Columbine soit acclamé pour son travail courageux et sa dénonciation lui revient de droit mais ce n’est pas pour cela que dès qu’un film se veut (ironiquement ?) partisan d’une justice extrême, que celui-ci se trouve dénigré aveuglément. Pourtant comme disent certains en parlant des Etats Unis, tentant vaguement de les comparer culturellement à notre beau pays : « Nous on a le vin… eux, ils ont les flingues ! ». Une manière comme une autre de reconnaître que la naissance de leur pays s’est bel et bien faite par les armes. En effet, les USA, comme chacun sait, est un pays qui souffre d’un manque cruel d’Histoire.


Là ou l’ensemble du reste du monde est civilisé depuis toujours et possède un passé important, l’Amérique actuelle s’est fondée sur la destruction –voir l’éradication totale- de cultures considérées, à l’époque, comme primaires pour mieux réinstaller de nouvelles traditions. Les colons s’installèrent donc dans un environnement hostile dont les populations locales aux rites incompris, leur parurent plus qu’inquiétants. Les voici donc, pour résumer vulgairement, perdus sur un territoire dont la traversée et la découverte s’annoncent comme une aventure longue et pleine de risques, et dont les autochtones leurs semblent, à tort, dangereux et mal intentionnés… La suite de l’histoire n’est pas à rappeler et on sait très bien ce que la conquête de l’Ouest fit aux populations Indiennes. Les bases fondatrices de la Puissance actuelle étaient déjà noyées dans le sang bien avant sa véritable naissance… Sans Histoire nationale si ce n’est des vieux restes de l’Histoire Européenne, les nouveaux Américains construisent donc jour après jour leur Histoire, parfaite et phantasmée, dont les grands moments ne sont pas des avancées historiques mais des mythes et des aventures qui lanceront l’American Dream. Certes, le rêve américain est possible, une place est disponible pour chacun et n’importe qui peut venir y faire fortune, mais il faudra se battre pour cela… Et l’ennemi n’est pas que le Peau Rouge qui attaque les gentils pionniers, c’est aussi le voisin de mine qui risque de prendre les armes pour récupérer les richesses...
Vos réactions


logAudience