Par La Rédaction - publié le 31 octobre 2007 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h08 - 0 commentaire(s)
L'émotion profonde de Sophie
J’ai toujours beaucoup pleuré au cinéma, happée par des émotions tranchantes, me renvoyant avec fureur à mes propres angoisses, mes propres blessures, mes propres désirs, des émotions liées à la séparation, la mort, l’amour, la violence humaine, l’injustice, des émotions que le cinéma sait avec autant de frénésie que de poésie faire rejaillir. J’ai pleuré, je pleure toujours, lorsque la main de Maria se referme sur celle de Tony dans West Side Story, lorsque celle de Jack glisse le long de celle de Rose dans Titanic, lorsque celle de Robert se referme sur la poignet de la portière dans Sur la route de Madison, lorsque Mic désespérée se tue dans Les tricheurs, lorsque la mère de Bambi s’écroule, lorsque John Merrick s’allonge avec sérénité dans Elephant Man, lorsque Fausto s’agrippe au bras de Sara dans Parfum de femme, lorsque Nadine supplie ce photographe, hypnotisé par son visage, de ne pas la prendre en photo, Romy Schneider m’a d’ailleurs toujours bouleversée, sa présence, son regard, sa voix, son aura, comme celui de Patrick Dewaere, ils sont liés pour moi à des émotions uniques, profondes, de celles qui vous anéantissent et vous permettent d’avancer. Je pourrai encore évoquer de nombreuses émotions, des émotions liées à la joie, la peur, des émotions frissonnantes, sensuelles, voluptueuses, mais c’est sur un torrent de larmes que j’ai voulu clore cette petite virée dans l’intimité de mon univers, un torrent de larmes qu’il m’a été impossible de réfréner, par lequel je me suis laissée submerger, déroutant du même coup les spectateurs anonymes qui m’entouraient et qui, dépassant leur propre malaise, ont tenté de me consoler, un torrent de larmes qui m’a littéralement étouffée lorsque Karen foudroyée s’est penchée sur la tombe de Denys.


Pourquoi ce film m’a-t-il autant blessée, pourquoi n’ai je jamais pu revoir Out of Africa, emportée dès les premières images par un sentiment oppressant, parce que ce film rejoignait ce que j’étais, des fantasmes, des espoirs, des illusions, un amour de la vie et de la nature, des rêves qui étaient les miens. Je me revois m’écroulant, dans l’incapacité totale de retenir mes larmes lorsque la lumière s’est rallumée dans la salle, je revois le regard consterné de ma mère, de ma sœur, émues elles aussi mais dépassées par mes propres larmes. « Ce n’est qu’un film » m’ont-elles dit alors…
Sophie Wittmer


Dossier rédigé par Nicolas Houguet, Caroline Baeyaert, David Brami, Kevin Dutot, Nicolas Schiavi, Gwenael Tison, Geoff, Sophie Wittmer
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