Le fidèle compagnon de Blofeld MEME EN SECOND ROLE, ON NE L'OUBLIE PASUn chat reste un chat : il faut qu'il se fasse remarquer d'une manière ou d'une autre, quelque soit la place que lui a prévu le scénario. Partenaire de l'héroïne comme Jiji dans
Kiki, la petite sorcière (Hayao Miyazaki, 1989) ou sidekick temporaire de Schwarzenneger comme le personnage animé Moustache dans
Last Action Hero (John McTiernan, 1993), le chat a bien le droit lui aussi au statut de co-star, fut-ce le temps d'une ou deux scènes. Certains acteurs semblent par ailleurs manifester des affinités particulières avec les félins, comme Will Smith, qui peut se targuer d'en avoir sauvé deux, un dans
Ennemi d'Etat (Tony Scott, 1998) et un dans
I, Robot (Alex Proyas, 2004), et à chaque fois d'un éboulement. D'autre part, le chat symbolisant traditionnellement le Mal, on le retrouve aussi aux côtés du méchant de service : la tendance est initiée par Blofeld, légendaire méchant de la série des
James Bond, un homme en fauteuil roulant constamment accompagné d'un chat blanc – certains ont même émis l'hypothèse que le chat serait le véritable instigateur des malfaisances. La mode a même été suivie par le Docteur Gang et son chat Madchat dans la série télévisée
Inspecteur Gadget et plus tard dans la parodie
Austin Powers (ce qui vaut au matou au majestueux pelage d'être congelé avec son maître et – ô catastrophe – de perdre tous ses poils à son réveil).
Sigourney Weaver et Jones dans ALIENIl y a aussi ces chats pour lesquels on a tremblé, ces petits chats innocents pris au piège comme dans
Willard (Glen Morgan, 2003), l'histoire d'un homme (Crispin Glover) qui héberge et élève des rats dans son sous-sol. La scène du chat en a traumatisé plus d'un, et il faut dire que le réalisateur n'y va pas de main morte : il s'arrange non seulement pour faire durer au maximum la traque de l'animal par les rats, mais remue ensuite le couteau dans la plaie en prenant bien soin de nous attendrir à travers un gros plan sur la tête toute mignonne de l'animal, juste avant le saut du dernier espoir, avec l'issue horrible que l'on connaît. Le procédé est classique : derrière le petit animal tout mignon, c'est l'enfant innocent qui est visé. On l'a tous remarqué, les films montrent rarement des enfants se faire trucider (tout le monde n'est pas d'humeur à pondre un
The Untold Story) et font passer la pilule en utilisant un animal, ce qui est bien moins insupportable mais laisse le spectateur faire la transposition. On a aussi eu des sueurs froides pour le petit rouquin tigré Jones, le chat de Ripley (Sigourney Weaver) dans
Alien, lui aussi congelé avec sa maîtresse bien que cela n'ait pas eu les mêmes conséquences que sur le compagnon de l'ennemi d'Austin Powers. Fort heureusement pour Jones, que Ripley abandonne momentanément dans un couloir vers la fin du film (gros plan sur les oreilles du chat, la gueule de l'alien toute proche), la monstrueuse créature ne s'intéresse pas à lui, ce qui explique qu'il ait été le témoin muet de plusieurs meurtres tout au long de l'hécatombe qui a frappé le Nostromo. De chat témoin il est aussi question dans
La Fureur du Dragon (Bruce Lee, 1972), qui voit Bruce Lee et Chuck Norris s'affronter au milieu des ruines avec pour arbitre… un chat, lequel donne littéralement le coup d'envoi de l'affrontement brutal sur le point d'opposer les deux artistes martiaux dont l'un représente le kung-fu et l'autre le karaté.
LADYKILLERSMais le mot de la fin revient au chat farceur de la vieille Mrs Munson dans
Ladykillers (Joel & Ethan Coen, 2004), voleur de doigt coupé, surgissant parfois à l'improviste dans les pattes des gangsters, quitte à en faire tomber un dans les escaliers. Observateur et imprévisible jusqu'au bout, ce mignon petit chat se pose en juge et témoin des méfaits des humains, qui croyaient échapper à l'ironie de leur destin… Les présomptueux !
Dossier réalisé par Caroline et Elodie LeroyRemerciements à Arnaud Mangin