Il ne faut pas se lasser de saluer la décision des éditions Montparnasse d’avoir constitué une collection DVD zone 2 vouée au studio R.K.O. même si l’intégralité de son catalogue ne sera jamais disponible pour des raisons évidentes. Simplement, disposer des films R.K.O. les plus importants en DVD zone 2 PAL dans des conditions techniques correctes est déjà une belle chose : une partie est déjà disponible et on espère que le reste suivra. Afin d’apprécier à sa juste valeur ce catalogue, il n’est pas inutile de connaître l’histoire de ce mythique studio qui a servi tous les genres de l’histoire du cinéma. On vous proposera ensuite une sélection critique de ses meilleurs films ainsi que des liens vers quelques tests déjà parus de certains d’entre eux.
Petite histoire de la R.K.O. La R.K.O. des origines à 1933
En 1882, la lettre « K » correspondant au « Keith » de la Radio Keith Orpheum, désignait un certain B.F. Keith qui venait d’ouvrir un théâtre à New York. Le succès des vaudevilles lui permet de créer un réseau de théâtres affiliés dénommés « Keith-Albee-Orpheum ». En 1920-1921, alors que ce genre théâtral connaît un déclin évident, la Film Booking Office of America (FBO) est créée par une société anglaise à Hollywood. En 1927 le succès du Chanteur de Jazz – distribué par la Warner – instaure le cinéma parlant : c’est Western Electric qui détient la licence du système sonore utilisé. David Sarnoff, le patron de la Radio Corporation of America (RCA), s’associe avec Kennedy pour produire des films utilisant son propre système sonore. En 1928 ou 1929 suivant les sources, Joseph P. Kennedy rachète la F.B.O. et les salles de la K.-A.-O. : issue de la réunion progressive de Culver Studios, de la R.C.A. et de Keith-Albee-Orpheum, la Radio-Keith-Orpheum (R.KO.) est née. Les studios de la R.K.O. sont alors situés dans la partie sud-ouest des studios Paramount de Gower Street. Il faut bien comprendre que la R.K.O. est un des plus petits studios hollywoodiens des années 1930. Il agit comme une « mini-major » indépendante mais ne peut pas se passer d’associations extérieures pour survivre. En dépit de la distribution des films de Walt Disney, la R.K.O. sera durement éprouvée dès ses débuts comme société de production, à cause de sa surface financière insuffisante, par la crise de 1929. On peut dire que les classiques du cinéma fantastiques que sont The Most Dangerous Game [Les Chasses du comte Zaroff] (1932), King Kong (1933) et Son of Kong [Le Fils de King Kong] (1933) d’une part, et certaines comédies musicales avec Fred Astaire et Ginger Rogers d’autre part, vont la sauver de la faillite, et la rendre célèbre du même coup auprès des cinéphiles comme du grand public.