Par - publié le 15 janvier 2008 à 09h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h29 - 0 commentaire(s)
Alors que l’on ne sait toujours pas si Southland Tales - l'arlésienne la plus interminable de tous les temps - sortira sur les écrans français, il est d’ores et déjà annoncé en zone 1 avec des sous-titres français, pour mars prochain. Une aubaine pour tout ceux qui attendent beaucoup du nouveau long métrage de Richard Kelly, auteur surdoué responsable du coup d’essai-coup de maître Donnie Darko. Considéré comme un nanar hypertrophié lors de sa présentation au festival de Cannes, ce projet mort-né possède pourtant de vraies qualités qui se confirment lors de visionnages intempestifs. A la manière des œuvres trash de Gregg Araki – sa réelle inspiration –, Kelly a relevé le défi de construire un vrai film libre, bordélique, mutant et babylonien qui ausculte l’état malade d’une Amérique pop gangrenée par la superficialité. Le temps où les lapins débarquaient dans la nuit noire pour annoncer l’apocalypse est révolu. A la naïveté mélancolique de Donnie Darko, succède la noirceur cynique de Southland Tales. Sa seule faiblesse: le risque de tomber dans les travers qu’il dénonce.


Avant sa présentation au festival de Cannes, Southland Tales était attendu comme le messie par tout ceux – et nous en faisions partie – qui avaient été éblouis par Donnie Darko, film fantastique somptueux, et le talent de son réalisateur, Richard Kelly, qui à 28 ans s’est fait une très belle carte de visite. Casting de rêve (The Rock, Sarah Michelle Gellar, Seann William Scott); contexte apocalyptique; personnages déglingués; bande-son démentielle: tout faisait saliver. Presque deux ans après son passage Cannois, Southland Tales est devenu un cauchemar. Sony, qui a acquis les droits de distribution du film aux Etats-Unis, a demandé au réalisateur de revoir sa copie, plus personne n’en parle; et, chez nous, les rumeurs d’un direct-to-dvd semblent se confirmer, amplifiées par l’échec au box-office US (il n'a bénéficié que de très peu de copies) et l’envie visiblement pressante du cinéaste de se racheter une conduite et de passer à autre chose (The Box, coécrit avec Eli Roth qui joue dans Southland Tales).



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