Depuis plus de trente-cinq ans, les studios Madhouse sévissent dans l'animation japonaise à travers des productions d'une qualité arrogante, comptant parmi leurs fidèles contributeurs des artistes phares comme Rintarô (
Metropolis) et Katsuhiro Otomo (
Akira), révélant des talents hors normes tels que Yoshiaki Kawajiri (
La Cité Interdite,
Ninja Scroll) et Satoshi Kon (
Perfect Blue,
Paprika). Depuis quelques années déjà, la renommée des studios Madhouse dépasse largement les frontières du Japon, un phénomène qui s'explique bien entendu par une plus grande diffusion des films et séries d'animation nipponne en Occident mais aussi par le développement par le studio de collaborations internationales. Ainsi, Madhouse faisait partie des heureux élus sollicités par les frères Wachowski pour le projet de courts métrages
The Animatrix... Le dernier film de Satoshi Kon,
Paprika, arrive actuellement en France, l'occasion de revenir sur l'histoire du studio, son identité et ses principales personnalités artistiques.
Sommaire :Page 1 :
Madhouse stylePage 5 :
Les personnalités phares des studios MadhousePage 8 :
Filmographie sélective des studios MadhousePage 9 :
Liens vers les tests des DVD de films ou séries Madhouse
PAPRIKA MADHOUSE STYLELes débutsL'équipe fondatrice du studio Madhouse faisait à l'origine partie de Mushi Production, le studio du maître Osamu Tezuka, qui compte depuis 1963 quelques futures figures phares de l'animation – au hasard : Osamu Dezaki (
Black Jack,
Cobra,
Lady Oscar), Akio Sugino (
character designer sur
Cobra et
Black Jack), Shingo Araki (
character designer de
Saint Seiya) mais aussi un certain Shigeyuki Hayashi qui prendra plus tard le pseudonyme de Rintarô (
Metropolis). Tous apprennent le métier auprès du père de l'animation avant de voler de leurs propres ailes. Au début des années 70, Mushi Production est sur le point de faire faillite et s'est déjà vidée de quelques uns de ses artistes majeurs : Shingo Araki et Akio Sugino ont fondé la société Jaguard à la fin des années 60 et Rintarô est en train de passer freelance. Encouragé par le succès de sa série
Ashita no Joe (1970-71), Osamu Dezaki franchit lui aussi le pas en 1972 et fonde ses propres studios avec le producteur Masao Maruyama. Pour enrichir leur équipe, Dezaki et Maruyama font appel à d'autres talents tels que Yoshiaki Kawajiri, alors simple animateur âgé d'une vingtaine d'années. Les studios Madhouse étaient nés.
LA CITE INTERDITEDisposant d'abord de budgets réduits, Madhouse se consacre d'abord essentiellement à la production d'OAV (Original Animated Video) et de films destinés au cinéma, et cela même si les studios comptent rapidement à leur actif l'animation de quelques séries télévisées à succès comme
Jeu, Set et Match (Osamu Tezaki), dont ils produiront le film en 1979. Au début des années 80, les studios Madhouse animent et collaborent sur le long métrage
Barefoot Gen (Mamoru Shinzaki, 1983), qui connaîtra une suite quelques années plus tard, tandis que Yoshiaki Kawajiri fait ses débuts de réalisateur avec
Lensman (1984). C'est surtout grâce au long métrage
Harmagedon, réalisé en 1983 par Rintarô et produit par la Kadokawa Shoten, que Madhouse obtient une vraie crédibilité en tant que studio d'animation. Les collaborations avec la Kadokawa se poursuivent d'ailleurs au cours des années qui suivent au travers de plusieurs projets prestigieux qui participent à étendre l'aura de Madhouse. Outre quelques futurs chef d'œuvres comme
Metropolis et
Millennium Actress, on citera à ce titre le film de science-fiction à sketches
Neo-Tokyo (
Manie Manie), réalisé en 1986 par trois cinéastes alors sur le point de jouer un rôle fondamental dans l'avenir de Madhouse : Rintarô, Katsuhiro Otomo et Yoshiaki Kawajiri. Les deux premiers allaient collaborer régulièrement avec le studio tandis que le troisième allait en devenir l'un des principaux piliers.
Quelques années plus tard, on assiste à l'arrivée d'une nouvelle génération de créateurs formée par les maîtres : Otomo révèle Satoshi Kon (
Paprika,
Perfect Blue) tandis que Kawajiri lance Takeshi Koike (
The Animatrix :
Record du Monde).