Par Cédric Muffat - 18 octobre 2005 - 0 commentaire(s)
Aujourd'hui, DVDrama livre un dossier complet sur l'avenir du cinéma en 3D. L'analyse de notre rédacteur Cédric Muffat reprend point par point les enjeux et le fonctionnement des techniques 3D.

Le cinéma en 3D : l’avenir du blockbuster ?



Après le son en 1927 et la couleur en 1939 (si l’on excepte Flowers & Trees de Walt Disney en 1932), l’année 2004 marquera-t-elle les débuts du cinéma stéréoscopique pour un long métrage de fiction ? Rassurons d’emblée les esprits contestataires : certes, les documentaires en 3D fleurissent dans les salles IMAX depuis quelques années déjà et le cinéma en relief est loin d’en être à ses balbutiements. Bwana Devil de Arch Oboler en 1952, La maison de cire de André de Toth en 1953, L’étrange créature du lac noir de Jack Arnold en 1954, et même Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock la même année… Tous ces films ont été filmés pour tout ou partie en relief. Cependant, malgré un sursaut d’intérêt de la part des producteurs dans les années 80 (Friday the 13th part 3, Jaws 3D, et plein de séries Z…) l’essai ne sera jamais vraiment transformé et Hollywood ne passera pas à la vitesse supérieure. Pourquoi ? Le fait que ces séquences aient été traitées jusqu’à maintenant comme un gadget promotionnel plus que comme une réelle valeur ajoutée n’est certainement pas étrangère à ce fait, mais avant tout, s’il faut pointer quelque chose du doigt, c’est principalement la piètre qualité de cette 3D. Il faut savoir que la 3D de papa n’a pas grand-chose à voir avec celle d’aujourd’hui, bien qu’elle n’ait pas encore tout à fait disparu. On parlera plutôt de cinéma en relief que de vraie 3D d’ailleurs, la différence se jouant sur le mode de projection : ces films étaient pour la plupart visibles avec les désormais célèbres lunettes rouges et vertes, ce qui implique que les images de chaque caméra soient teintées soit en rouge, soit en vert, afin que la bonne image parvienne à l’œil auquel elle est destinée. Il en résulte une incontournable décoloration et un effet de flou désagréable, qui au final donnent plus mal au crâne qu’autre chose.


exemple de 3D ‘rouge-verte’…


Il existe certes une technologie bien meilleure, disponible dès Bwana Devil, qui utilise des lunettes polarisées, mais elle est beaucoup plus coûteuse à mettre en œuvre (il faut deux projecteurs et un écran spécial) et sa diffusion confidentielle n’a pas aidé le procédé à s’implanter durablement.


Bwana Devil a bénéficié dans quelques salles d’une projection en vraie 3D, avec lunettes polarisées


Les producteurs furent également refroidis par la mise en place difficile et coûteuse de la 3D, puisqu’il faut deux caméras, et donc deux fois plus de pellicule, de frais de laboratoire…
Que s’est-il donc passé en 2004 qui permettrait de changer cet état de fait ? En quoi la tentative s’est-elle démarquée des précédentes, et qu’est-ce qui permet de dire qu’elle ne restera pas lettre morte ?


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