Quiconque conjugue Histoire et engagement individuel au cinéma, se voit souvent taxer d’être politique. Edward ZWyck au regard de sa carrière ne dérogerait à cette appellation mais contrairement à nombre d’autres, il est l’un des rares à vraiment conserver cette volonté et à mériter dans l’industrie anglo-saxonne un tel qualificatif.
Une préférence pour les sujets historiques Si l’on s’attelle à l’examen de sa filmographie, avec évidence, l’homme est porté par une appétence pour l’Histoire, ses tourments et ses personnages les plus forts. Alors, certes, si ce constat n’a rien de surprenant, il est intéressant à souligner car les cinéastes ayant exploré avec autant constance et de régularité ces territoires, sont peu nombreux. En effet, que l’on considère
Glory,
A l'épreuve du feu,
Blood Diamond et le récit qu’il fait de la guerre civile en Sierra Leone,
le Dernier Samouraï ou
Les Infiltrés, son dernier projet, il semble évident qu’
Edward Zwick se plait à raconter des histoires qui s’ancrent dans une réalité proche qu’il explore ou dans un passé qu’il documente et retranscrit avec finesse et subtilité. Et ce ne sont pas
The Lions of Al-Rassan, sa prochaine production qui trahit cette orientation majeure en s’inscrivant dans le contexte de la Reconquista espagnole.
De fait, celui qui passa par le théâtre et l’American Film Institute se passionne pour les récits qui s’ancrent dans une « vérité » avérée, porteuse de sens et révélateurs de leurs époques autant que des hommes qui la font. Ainsi, le producteur et cinéaste qu’il est, se concentre-t-il sur des scénarios d’où émergent des destinées individuelles exemplaires et inattendues qui lui permettent de raconter le temps de ses personnages centraux et leurs vicissitudes. Mais loin d’être un cinéaste-historien adepte d’une juste reconstitution des temps jadis, il sait jouir des possibilités de son art et des limites de l’industrie en transcendant les figures qui l’intéressent pour en faire des héros. Au risque d’être infidèle aux trajectoires de ces dernières en bon conteur qu’il est.
Glory nous donne ainsi à voir de manière édifiante, le sort réservé au 54e régiment du Massachussetts, le premier corps d’armée formé d’Américains de couleur, d’où ressortent les figures interprétées par
Denzel Washington et
Morgan Freeman. Quant à son film
Le Dernier Samouraï, il offre à Tom Cruise, le rôle d’un officier américain – le capitaine Nathan Algren -, personnage librement repris de
La Noblesse de l’échec d’Ivan Morris mais surtout faisant très justement écho à la figure du militaire français que fut Jules Brunet. Officier militaire chargé de développer les capacités opérationnelles et techniques du Bakufu, il œuvra comme le fit le personnage du film sous le règne du shogun Tokugawa Yoshinobu, sans toutefois trahir ses premiers engagements comme dans le métrage.