Dix ans de carrière pour celle qui s’imposa sur les écrans avec un coup d’essai phénoménal :
Rosetta. Emilie Dequenne ou comment vagabonder, avec plus ou moins de bonheur, entre les genres, entre cinéma exigeant et oeuvrettes plus dispensables.
LE PONT DU ROI SAINT LOUIS : Pas classe
Dans les années 50-60, le cinéma avait vu naître un genre de films particuliers, des énormes coproductions entre pays européens, ou chaque pays entrant dans le financement amenait un élément, généralement des acteurs. 40 ans après,
Le pont du roi saint Louis est une réminiscence de ces affreux europuddings sans queue ni tête. A commencer par un casting où chacun, de De Niro à
Harvey Keitel, en passant par Samuel Le Bihan ou Pilar Lopez de Ayala. Le principe de ce genre de projet étant de satisfaire chaque pays producteur, il en résulte un film informe, sans identité. Dommage pour le scénario, signé par une assistante de Jim Sheridan, qui s’est retrouvée parachutée à la réalisation : il paraît que sur le papier, il était formidable. A l’écran, on le cherche encore.
ECOUTE LE TEMPS : très classe
Le premier film d’Alante Kavaïté est un drôle d’objet, un thriller fantastique agricole, autour d’une jeune femme venue habiter la maison de sa mère assassinée. Ici on confronte les racines rurales de l’étrange et un cartésianisme urbain, la sorcellerie et l’écologie. Le tout toujours ramené vers la fragilité de l’humain, face au surnaturel. Passé inaperçu,
Ecoute le temps est récemment resurgi en DVD sous un titre plus passe-partout (
Fissures) mais plus proche de ce qu’approche ce premier film aux ambitions visiblement bridées par un manque de moyens. Aux dernières nouvelles Kavaïté préparerait un nouveau long-métrage. Ce film fantastique bio renouant avec un terroir de cinéma en fait d’emblée une cinéaste à surveiller du coin de l’œil.