BrothersConnu aussi sous le nom de Hing Dai ou Xiong Di
Un film de Sung Kee Chiu
Avec Andy Lau, Zhiwen Wang, Yi Huang, Rongguang Yu, Kiu Wai Miu, Felix Wong
Sortie en France inconnue ; sortie le 18 octobre 2007 à Hong Kong
A l’heure où s’écrivent ces lignes, le festival du film asiatique de Deauville se sera ouvert sur une pléiade d’artistes et de films asiatiques à bientôt découvrir dans ces pages. Mais chaque chose en son temps puisque l’instant qui nous occupe est d’ores et déjà réservé à
Brothers, le dernier film de Sung Kee Chiu. Méconnu par chez nous, celui que l’on nomme également Derek Chiu est en effet l’auteur de films honnêtes qui hélas n’ont jamais franchi par leur peu de notoriété, les frontières de nos salles occidentales. Propice est donc le moment pour voir ce que ce dernier nous a réservé avec son dernier métrage puisqu’il parvient à réunir à son générique, Felix Wong, Andy Lau et le débonnaire Suet Lam. Au programme, trahison, triade et tension pour ce qui s’avère être un honnête polar hongkongais, tenu et très agréable à suivre. Mais revenons à ce qui fait la force de
Brothers : une sombre affaire qui va séparer deux frères et les faire se retrouver pour venger leur père.
Brothers, une trame narrative typique et pourtant savoureusement convenueEn effet, penser que
Brothers nous réserve maintes surprises scénaristiques serait s’égarer ou trop espérer, et cependant, malgré son histoire traditionnelle de succession et de lutte pour le pouvoir, le dernier film de Sung Kee Chiu dégage un parfum particulier. Racontant l’histoire de deux frères de sang et d’un troisième, Ghostie, adopté et élevé comme tel par leur mafieux de père,
Brothers déploie un scénario typique. Scellant son histoire dans le drame d’ouverture qui voit les deux enfants renverser un passant et leur père faire assassiner celui de son futur fils adoptif, le métrage promet une sanglante épopée vers la conquête du pouvoir. Sorte d’Election de la filiation, on s’imagine alors assister à une énième fresque guerrière où la lutte s’approcherait de celle de
Jiang Hu. Et on a tort en partie puisque le drame initial est vite doublé de quelque chose qui aura davantage de prise encore sur le destins de l’ensemble des protagonistes : une prédiction. En effet, dans un contexte éminemment bouddhique, nous retrouvons le parrain local écouter son maître qui lui conseille de séparer ses enfants et d’éviter qu’ils se retrouvent à nouveau. Et plus encore qu’ils s’associent dans la voie que lui a choisi : le crime organisé. Prédiction oedipienne par excellence qui prévoit la fin avant même son avènement, cette dernière auto-réalisatrice s’il en est, va tout de même scinder la famille originelle et envoyer le cadet de l’autre côté du Pacifique.