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Eros + Massacre : L'oeuvre Maitresse De Yoshida [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 07 avril 2008 à 16h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h06 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la venue en France de Kijû Yoshida pour une rétrospective exceptionnelle à Beaubourg, Carlotta nous propose l’intégralité des films qu’il réalisa durant les années soixante. Profitons-en alors pour revenir sur Eros+Massacre, l’une de ses œuvres maitresses avec La Source Thermale d’Akitsu et Amours dans la neige.

Eros+Massacre, entre réflexion trilogique sur le politique et évolution sociale

Premier volet de la trilogie ambitieuse que Kijû Yoshida entreprend de réaliser, Eros+Massacre précède Purgatoire Eroïca et Coup d’Etat dans sa filmographie. Ainsi, inaugure-t-il avec ce film la réflexion en trois temps que le cinéaste porte sur les trois idéologies dominantes qui irriguent selon lui dans le Japon d’alors : l’anarchisme libertaire, le communisme stalinien et le conservatisme d’extrême droite. Mais plus encore que cela, Eros+Massacre dépasse l’exposition filmique d’une thèse, il se veut la véritable affirmation d’une ambition globale pour le cinéma et une profonde réflexion sur son importance politique et ses formes.

« De mes dix-neuf films, celui-ci est le plus audacieux.» Kijû Yoshida



Ceci s’explique notamment par le contexte de contestation et de remise en cause du pouvoir qui a lieu alors sur l’archipel en raison de la trop grande proximité avec les Etats-Unis. De surcroit, tourné en 1969, dans l’année qui a suivi une déstabilisation mondiale portée par la jeunesse aux quatre coins du monde, Eros+Massacre apparait dans la foulée d’une autre modification profonde, celle du secteur cinématographique japonais, celui du renouveau. Durant ces années, en effet, les films et les structures pour les faire se multiplient occasionnant une profonde mutation du cinéma japonais sous la férule de jeunes cinéastes qui se libèrent du passé et s’affranchissent des traditions de leurs aînés. Comme leur pendant européen, ils seront rassemblés sous une même appellation, celle de la Nouvelle Vague japonaise et s’appelleront Oshima, Yoshida ou Shinoda mais aussi Masumura et d’autres encore.

« L’homme peut-il vivre en dépassant les temporalités ? Comment saisir cela en images ? Comment les acteurs peuvent-ils l’exprime corporellement ? Tous ces enjeux n’ont pas été le résultat de mes réflexions, mais c’est le cinéma comme procédé qui les a rendus possibles. Le cinéma comme mode d’expression me l’a permis ». Kijû Yoshida à propos d’Eros+Massacre.


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