Par Nicolas Houguet - publié le 26 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 26 octobre 2009 à 13h04 - 0 commentaire(s)
Megan Fox dans Jennifer's Body (sortie le 24 octobre), s'inscrit dans une longue tradition exploitée par le cinéma depuis ses origines. Elle y incarne au sens littéral une femme fatale. La créature est diablement attirante, elle cause la perte de celui qui tombe sous son emprise. Le désir que la femme sublime inspire se mue en une obsession aussi irrésistible que destructrice. De Louise Brooks à Rita Hayworth, de Marlene Dietrich à Sharon Stone, les charmes féminins sont souvent vénéneux et nourrissent de ténébreuses intrigues, entraînant souvent la perdition des héros pris dans les filets de ces belles tentatrices.



Envoûtantes beautés

La figure est mythique, s'illustre dans de grands films noirs devenus d'incontournables classiques. On se souvient de l'Ange bleu de Josef van Sternberg en 1929 où un respectable professeur risque la déchéance lorsqu'il s'éprend passionnément d'une belle chanteuse de cabaret. Le personnage prend les traits légendaires de Marlène Dietrich. Dès lors, l'amour, à l'inverse des comédies romantiques, prend un caractère empoisonné et dangereux, sulfureux comme un désir qui ronge tel un cancer, précipitant inexorablement celui qui l'éprouve dans sa chute. En 1944, une autre héroïne est belle à se damner. Elle a le doux visage de Gene Tierney dans Laura de Otto Preminger. Les liens avec la jeune femme disparue sont fascinants et troubles, l'inspecteur enquêtant sur sa mort tombant peu à peu sous son charme. Il y a là une forme de manipulation puisque d'un coup, l'homme s'efface, s'autodétruit, paralysé par le puissant envoûtement que dégage la jeune femme.



C'est là un grand poncif que l'on retrouve régulièrement dans le Film Noir, jusque dans Le Dahlia Noir de Brian de Palma où l'innocente assassinée devient peu à peu une obsession pour les flics qui tentent d'élucider son meurtre. Jamais le désir, cet obscur objet dirait Bunuel, n'est mieux incarné que par ces femmes qui deviennent des pièges pour ceux qui s'en approchent de trop près. Bogart, détective aussi cynique qu'ironique, dans le Faucon Maltais puis dans le Grand sommeil voit toutes ses résistances et sa dureté vaincues par les yeux d'une belle femme, sexuellement très attirante, énigmatique (comme Lauren Bacall dans le film de Howard Hawks).

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