1. >
  2. >
  3. >
  4. >Feng Xiaogang, L'avenir Du Cinema Chinois [page 1]

Feng Xiaogang, L'avenir Du Cinema Chinois [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 04 juillet 2008 à 17h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h04 - 0 commentaire(s)
Trois noms suffisent à introduire Feng Xiaogang : The Assembly, The Banquet et A world without thieves. Trois titres pour autant de films qui figurent parmi les plus intéressantes productions chinoises des dix dernières années. En l’espace de trois longs, le natif de Pékin a su en effet imposer son nom et plus encore sa marque : être en capacité de faire des films forts disposant de gros budgets et qui tout en traitant de l’histoire chinoise actuelle ou de ses racines, ne succombent pas exagérément au tout spectaculaire. Mais s’il est une chose qu’il faut bien reconnaître à cet homme, c’est qu’outre son talent, il su de surcroît revenir d’une période d’interdiction qui aurait dû éteindre sa carrière. Pour mieux triompher et faire partie de nos jours, des rares anciens autrefois brimés et à même désormais d’incarner un cinéma libre et ambitieux.


Avec les années et les projets, Feng Xiaogang s’est ainsi révélé être l’un des éléments les plus productifs et surtout rémunérateurs de la nouvelle industrie chinoise du cinéma. The Banquet fut un succès critique et financier, A world without thieves fut commercialement réussi et reçut un accueil des professionnels élogieux tandis qu’Héros de guerre, montré lors du dernier Festival de Deauville, recélait de quoi affronter sans complexe le meilleur du cinéma américain. Osant le grandiose et l’emphase tout en tissant ses œuvres de liens politiques et historiques forts, notre cinéaste a ainsi marqué son originalité et su se démarquer du tout venant. Pour cet homme né en 1958 d’un professeur et d’une infirmière, le chemin ne fut toutefois pas aisé.

Du pinceau à la toile

Alors qu’il commença comme peintre de décors dans l’une des troupes théâtrales de l’Armée de Libération du Peuple, les hasards de l’existence et l’affirmation de choix décisifs vont le pousser vers la télévision où il officiera comme nombre d’autres à diverses tâches, de la scénarisation en passant plus tard par la réalisation. Ainsi, se mettra-t-il à travailler pour le Centre d'Art de la télévision de Pékin, collaborant notamment à l’occasion avec Zheng Xiaolong ou encore l’écrivain et cinéaste Wang Shuo (Baba). Il y connaîtra d’ailleurs ses premiers titres de gloire en coscénarisant notamment il y a plus d’une décennie Stories of the Editorial Department, une série télévisée populaire de vingt cinq épisodes avant de se faire à nouveau remarquer en assumant les fonctions de scénariste et coréalisateur sur A Native of Beijing in New York, un autre serial très en verve. La période de formation télévisuelle lui ayant énormément apporté, ce dernier décide alors de se lancer vers le grand écran. Ce sera chose faite en 1994 avec Gone Forever with My Love, sa première réalisation explorant sous l’angle d’un drame drolatique les vertus et les difficultés du triangle amoureux.


« L’année 1997 vient de se terminer, je m’en souviendrai toujours. »
Citation finale de Dream Factory de Feng Xiaogang

Après un retour à ses premières amours - les séries Chicken Feathers la même année, Early Death of Love et The Other Side of the Moon les deux années suivantes -, Feng Xiaogang choisit définitivement le cinéma. C’est ainsi qu’avec l’expérience accumulée et une certaine audace, il signe The Dream Factory en 1997. Film au retentissement énorme en Chine, le cinéaste connaît son heure de gloire en étant à l’origine même de ce que l’on appellera alors le film de nouvel an, véritable institution cinématographique depuis. L’homme âgé de 39 ans et époux de l'actrice chinoise Xu Fan a ainsi sauvé une carrière mal engagée puisque ses projets précédents avaient été frappés d’une sévère interdiction du bureau de censure faisant notamment péricliter les structures qui l’accompagnèrent et mettant en péril la trajectoire qui lui semblait promise.


Vos réactions


logAudience