BEFORE SUNSETL'amour trouve sa force dans son intemporalité, et que l'on soit jeune étudiant plein d'espoir ou trentenaire blasé par la vie, il demeure dans un coin de notre coeur, prêt à rejaillir au hasard d'une nouvelle rencontre. Jesse et Céline n'ont plus vingt ans, Ethan et Julie non plus... Voilà la véritable chance dont bénéficie Richard Linklater. Comme cela s'avère, pour des raisons de commodité évidentes - rarement le cas au cinéma - les acteurs évoluent ici en même temps que les personnages. Ainsi, les neuf années d'expérience acquises par Jesse et Céline correspondent aux mêmes années de la vie d'Ethan Hawke et Julie Delpy. Le réalisateur peut ainsi s'inscrire dans un projet encore plus intimiste et personnel que lors de
Before Sunrise qui symbolisait la jeunesse et la naïveté.
Before Sunset applique exactement la même recette, rencontre et passion dans un laps de temps très court, mais avec des personnages dont la réalité d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier. Jeunesse et naïveté laissent place à maturité et réalisme. Pourtant, cette rencontre paraît encore plus surréaliste que la première. Les deux tourtereaux ressemblent à des fantômes errant dans les rues parisiennes à la recherche du paradis passé. Lui est écrivain à succès, elle travaille pour une organisation humanitaire. Tous deux semblent épanouis dans leur vie professionnelle. Mais au fur et à mesure qu'ils déambulent dans la capitale française, le voile se lève peu à peu sur une vie sentimentale s'apparentant à un échec cuisant, d'un côté comme de l'autre.
LE JOUR LE PLUS LONGTrès grosse production réalisée par la Twentieth Century-Fox en 1962, le film étale une galerie de stars jamais vue auparavant. Richard Burton, Sean Connery, Henry Fonda, Robert Mitchum, John Wayne ou encore Bourvil et Arletty pour les comédiens français, le film fait le bonheur des chaînes de télévision tous les 6 juin de chaque année pour la commémoration du débarquement allié en Normandie. Les moyens mis en œuvre sont énormes, trois réalisateurs nécessaires pour compléter les scènes américaines, anglaises et allemandes, le nombre de figurants est impressionnant, les décors reprennent certains extérieurs véritables du champ de bataille. Nous n’avions jamais vu ça auparavant, un débarquement plus vrai que nature et seul le film de Steven Spielberg,
Il faut sauver le soldat Ryan tourné quarante ans plus tard, rivalisera par son réalisme cru avec le film en noir et blanc.
Le jour le plus long idéalise les forces alliées, à la fois dans leur suprématie technique et stratégique mais aussi par la représentation de l’héroïsme, du dévouement et du sacrifice. Que ce soient les membres de la résistance, les soldats parachutés derrière les lignes ennemis en pleine nuit ou les premiers malchanceux à poser les pieds sur les plages françaises, la mort de ceux qui combattirent l’axe du mal est ainsi glorifié et le film pourrait se prévaloir d’être un monument aux morts. Mais, par le biais de multiples sous-intrigues, le film est avant tout une leçon d’histoire, depuis les préparatifs de l’assaut jusqu’à l’avancée des troupes sur les points militaires vitaux, le spectateur comprend ainsi la complexité d’une opération armée d’une envergure jamais égalée en suivant pas à pas la progression des troupes. Un film qu’on ne se lasse pas de revoir, qui ne se souvient pas de « Ici Londres, les Français parlent aux Français » ?

Dossier rédigé par Nicolas Houguet, Nicolas Schiavi, PitouWH, Florent Kretz, Laurent Tity et David A..