Par Gilles Botineau - publié le 10 décembre 2008 à 15h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h20 - 0 commentaire(s)
Après quatre années d'études en médecine, le jeune Francis Veber décide de se consacrer à l'écriture. Petit neveu de Tristan Bernard, il débute à la fin des années 60, en écrivant deux pièces rapidement adaptées au cinéma. L'enlèvement, en 1968, devient ainsi Appelez-moi Mathilde, avec Jacqueline Maillant, Michel Serrault et Guy Bedos, le tout sous la direction de leur ami Pierre Mondy. Le Contrat, quant à lui, est rebaptisé L'emmerdeur, avec, dans sa première version, Jacques Brel et Lino Ventura, puis Patrick Timsit et Richard Berry. Dès lors il crée un personnage qui deviendra aussi célèbre que lui, si ce n'est plus : François Pignon.

DES DEBUTS PROMETTEURS

Parallèlement, il continue d'écrire pour des réalisateurs prestigieux, tels que Georges Lautner (Il était une fois un flic) Yves Robert (Le grand blond avec une chaussure noire), Henri Verneuil (Peur sur la ville) ou bien encore Pierre Granier-Deferre (Adieu Poulet). Il en signe alors soit les scénarii, soit une simple adaptation. Mais de mauvaises expériences finissent par lui apporter un tout autre regard sur la profession. Tout d'abord, en 1973, il se brouille avec Philippe de Broca, lors de l'écriture d'un film aujourd'hui culte, <>Le magnifique, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre. Les deux hommes ne s'entendent pas sur de nombreux points, notamment la fin du long métrage. En conséquence, Veber refuse que son nom apparaisse au générique. La même année, Edouard Molinaro adapte sa pièce Le contrat, qui devient alors L'emmerdeur, avec Lino Ventura et Jacques Brel. Mais l'auteur ne reconnaît pas son texte, et surtout l'intention qu'il lui allouait. L'intensité dramatique qui se dégage du film, en particulier à travers le jeu de Brel, ne correspond aucunement à ce que Veber avait imaginé. S'il continue d'écrire pour les autres, il décide également de passer derrière la caméra et de rester ainsi le plus fidèle possible à ses propres idées. Il l'admet lui-même aujourd'hui : « Au cinéma, je me vois plus comme un auteur qui réalise, et non pas comme un vrai metteur en scène ». Son premier long métrage sort en 1976 et s'intitule Le jouet. A cette occasion, il dirige Pierre Richard, dont l'amitié et la complicité réciproque ne se démentira plus jamais.

Etonnamment, Veber signe là l'un de ses films les plus originaux, drôle et tendre à la fois. L'histoire se concentre sur le jeune fils d'un milliardaire, choisissant un journaliste présent dans un grand magasin, pour être mis à sa disposition et devenir son jouet. Farce sociale au ton parfois acide et satirique, l'oeuvre met en scène l'un des personnages emblématique de Francis Veber, le dénommé François Perrin, vu auparavant dans Le grand blond avec une chaussure noire. S'il n'y a aucune allusion au comédien Francis Perrin, ce dernier, vexé, rétorque néanmoins en interprétant un homme tout d'abord appelé « François Veber », dans le film réalisé par Daniel Janneau, Le débutant, puis « François Pépin » dans Ca n'arrive qu'à moi, sous sa propre direction. Mais avec Le jouet, le succès n'est pas vraiment au rendez-vous pour Veber, notamment par rapport aux films dont il ne signait que le scénario.
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