A l'affiche cette semaine de Camping 2, Franck Dubosc exerce depuis plus de vingt ans une véritable carrière de comédien. L'occasion de faire un point sur l'ensemble de son parcours cinématographique.
A nous les garçons, de Michel Lang (1985) - Classe nostalgique
Film culte s'il en est, A nous les garçons marqua toute une génération de spectateurs lors de sa sortie en salles. Réalisée par Michel Lang, l'oeuvre donnait à Franck Dubosc son premier grand rôle, celui d'un jeune homme romantique que le comédien interprète ici sans la moindre caricature (à l'opposé de ses derniers sketches). Face à lui, on retrouve Roland Giraud, Henri Guybet, mais aussi Jean-Noël Brouté et Eric Elmosnino. De quoi vous donner envie de redécouvrir ce long métrage aux faux-airs de La Boum, les tubes en moins...
Michel Gérard, plus connu pour ses comédies franchouillardes (Arrête ton char... bidasse !, C'est dingue... mais on y va, T'es folle ou quoi ?, Retenez moi... ou je fais un malheur), signe en 1986, et contre toute attente, ce polar hélas dénué de toute ambition. Apres un hold-up sanglant, dont il a gardé le butin, Alan Jefferson se réfugie aux Etats-Unis. Pour le faire revenir, ses complices mettent son frère Hervé sur le trottoir. Alan reçoit une photo d'Hervé et décide de revenir. Arrivé a Paris, il tue un de ses complices et se retrouve avec la police aux trousses... A l'affiche du film, on retrouve un casting aussi éclectique qu'improbable, constitué de Maurice Rish, Clémentine Célarié et Franck Dubosc (dans le rôle d'Hervé). Au final, Justice de flic ne laissera pas grande trace dans l'histoire du Septième Art...
Le Clone, de Fabio Conversi (1997) - Pas classe
Au milieu des années 90, la plupart des humoristes français (re)tentent leur chance au cinéma après avoir démontré un certain talent sur scène, triomphe à la clef. Ainsi, Smaïn joue aux côtés d'Antoine de Caunes (Les Deux papas et la maman), Chevalier et Laspalès ne se dissocient toujours pas (Ca n'empêche pas les sentiments), Jean-Marie Bigard réalise (L'Âme soeur)... Quant à Pierre Palmade, il se révèle meilleur dialoguiste (Pédale douce) qu'acteur (Oui). Parallèlement, Elie et Dieudonné n'échappent pas à cette nouvelle règle. Sous la direction de Fabio Conversi (ancien chef opérateur), les deux compères se laissent donc tenter par un scénario improbable, celui du Clone, l'histoire d'un personnage virtuel transféré dans le corps d'un véritable être humain, provoquant alors toute une série de catastrophes. Franck Dubosc y interprète un personnage secondaire avec beaucoup de retenue, l'année même où se joue son premier spectacle Du beau, du bon, Dubosc, particulièrement placé sous le signe de la déconne et de l'autocaricature.
Trafic d'influence, de Dominique Farrugia (1998) - Classe
Bien avant Alain Chabat, l'ex-Nul Dominique Farrugia s'essaya à la mise en scène cinématographique avec un talent et un sens de l'originalité particulièrement inattendus. En 1996, il signe Delphine 1 - Yvan 0, une comédie romantique présentée par Thierry Roland et Jean-Michel Larqué à la manière d'un match de football. Une jolie réussite. Trois ans plus tard, le cinéaste change radicalement de genre, en signant Trafic d'influence. Le film mélange tout aussi bien l'humour que l'action et n'hésite pas à égratigner au passage le corps politique (satire, quand tu nous tiens...). Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte tiennent remarquablement le haut de l'affiche et croisent au hasard de leurs nombreuses péripéties divers personnages ici interprétés par de jeunes humoristes en plein devenir. Parmi eux, Les Robins des Bois et Franck Dubosc. Ce dernier joue le rôle d'un serveur tombant sous le charme d'Aure Atika, une femme-flic très autoritaire. Court, mais hilarant.
Smaïn et Elie Semoun ont beau ne pas avoir de succès au cinéma, rien ne les arrête. Pire encore, ils décident de s'associer le temps d'un film, pensant ainsi doubler leurs recettes au box-office jusqu'à présent particulièrement dramatiques voire inexistantes. Hélas, le résultat n'en sera que plus malheureux. La critique détruit (à juste titre) ce nouveau long métrage, réalisé par Thierry Barthes et Pierre Jamin, tandis que les spectateurs l'ignorent totalement. Jamais drôle, toujours vulgaire, Charité biz'ness se révèle être un nanar de la pire espèce. Franck Dubosc ne fait que passer... Une chance pour lui.
Recto/Verso, de Jean-Marc Longval (1999) - Presque classe
Voilà un film que l'on n'attendait pas. Jean-Marc Longval n'avait guère convaincu avec sa précédente mise en scène (Les Deux papas et la maman). Mais ici, le sujet se révèle beaucoup plus piquant (un homme se fait passer pour homosexuel dans le but de décrocher un poste d'animateur sur une chaîne thématique). La présence d'auteurs tels que Michel Delgado et Jean-Luc Lemoine y est certainement pour quelque chose. Face à Smaïn, on retrouve Michel Muller, en plein boom, et les deux acteurs forment alors un duo particulièrement efficace basé sur le choc de deux cultures (bobo parisien vs provincial). A leur côtés, citons également Jacques François, Bernadette Lafont, Bernard Verley, Sophie Forte, Linda Hardy et bien sûr Franck Dubosc. Un casting admirable. Ajoutez à cela des répliques d'anthologie (« T'as déjà essayé de sifller un air de techno ? - Et toi, t'as déjà essayé de baiser sur Les Rois Mages ?! ») et vous obtenez une petite comédie sans grande prétention mais diablement efficace. Inédit en DVD, le film mériterait pourtant que l'on s'y intéresse... Avis aux distributeurs !
Au secours, j'ai 30 ans !, de Marie-Anne Chazel (2003) - Pas classe
Elle est l'une des rares à n'avoir jamais connu le succès en dehors du Splendid. En 2003, alors qu'elle s'apprête à divorcer (d'avec Christian Clavier), Marie-Anne Chazel décide, sur le plan professionnel, de voler de ses propres ailes. A l'instar de ses anciens complices, elle passe donc derrière la caméra et adapte un roman intitulé Le club de la dernière chance, d'après Marian Keyes. Franck Dubosc y interprète un comédien de seconde zone particulièrement arrogant, dans l'esprit de ses spectacles. A ses côtés, on retrouve Pierre Palmade, Nathalie Corré, François Morel et Marthe Villalonga. Hélas, Au secours, j'ai 30 ans s'apparente davantage à un simple téléfilm. La "jeune" cinéaste ressasse des thèmes maintes fois abordés au cinéma (l'amitié, l'Amour...) et n'y apporte aucune nouveauté. On s'ennuie profondément une heure et demie durant...
Iznogoud, de Patrick Braoudé (2004) - Moyennement classe
Réalisé par Patrick Braoudé, le film est comparable avec la première adaptation d'Astérix au cinéma signée Claude Zidi, Astérix et Obélix contre César. En d'autres termes, « pas mal, mais peut mieux faire ». En effet, nous reconnaissons l'univers, les personnages, l'humour, mais il manque encore quelques petites choses pour arriver à la transposition parfaite. A moins qu'il ne s'agisse de petites choses en trop. Par exemple, Braoudé choisit de surfer sur un mouvement particulièrement inattendu, celui du cinéma indien (Bollywood). Et voilà comment Iznogoud le film devint une pseudo comédie musicale, en parfaite adéquation avec son comédien principal Michael Youn qui a pris la fâcheuse habitude de chanter dans chacun de ses longs métrages. Si nous reconnaissons au détour d'une séquence certains jeux de mots issus de la BD créée par Tabary et Goscinny, le résultat dans son ensemble est loin d'être aussi drôle que l'oeuvre originale. La faute en revient à une mise en scène plate, sans aucun rythme, malgré ses choix esthétiques (somptueux décors) et son affiche à la hauteur du projet. Ce sont d'ailleurs les comédiens qui sauvent le film du désastre, particulièrement les seconds rôles, dont Kad Merad et Olivier Baroux en génies excentriques. Franck Dubosc accomplit quant à lui le minimum syndical.