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Frank Miller Dirige Clive Owen [page 4]

Par LT - publié le 22 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h52 - 0 commentaire(s)


Après cette expérience qui lui laissera une sérieuse cicatrice, Frank Miller déclare avoir besoin d’indépendance, puisque Hollywood est peuplé à ses yeux de putes, de maquereaux, d’escrocs, et de flics corrompus et cocus. Cette haine viscérale se transformera en une satire : Sin City. Quand il s’attaque à la première histoire, "The hard goodbye", il change complètement de style, et fait par son dessin un hommage évident à Jim Sterenko. Le graphisme noir et blanc n’offre aucune place à un quelconque contraste.

Toute la difficulté du travail de Miller est d'instaurer un rythme de lecture qui rende. "Il faut trouver la façon de capturer le lecteur de sorte qu'il ne lise pas à toute vitesse. Techniquement on peut lire une bd en un clin d'oeil, mais on apprécie pas une bd en lisant trop vite."

Avec Sin city, il recherche le réalisme émotionnel. Il n'a plus besoin que le personnage puisse voler pour être un héros. Son travail se nourrit des aspects romantiques qu'il trouve dans un réel paroxystique. Les super héros n’ont que trop dominé la bd, surtout aux USA. Conjuguée avec ses précédents travaux, Miller offre une mode au monde de la bd, pleine de corruptions, de vices et de ténèbres.



"Les auteurs de bd sont des hors la loi, c'est notre destin"

Jusqu'en 1998, Miller livrait ses opus de Sin City d'une manière routinière, l'auteur accuse un break. Il se met à conter une histoire qui le travaillait depuis longtemps, oeuvre somme de toute son œuvre : 300. La mini-série reprend en effet l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique : la bataille des Thermopyles, qui eut lieu en 480 avant JC. Malgré tous les handicaps qu'il s'impose (format panoramique, aucun super héros, sombre période de l'Histoire) Miller livre avec 300 ce qui reste aujourd'hui sa meilleur bd.



L'engouement des adaptations de Comics au cinéma remet bien malgré lui Miller au devant de la scène. D'abord avec Daredevil, reprenant principalement le run du maître sur la série. Le film, même médiocre, permet la sortie d'un spin off, mettant en scène sa création ultime : Elektra. Déçu mais n'ayant son mot à dire, il reste en marge de ce pseudo succès, mais gagne en estime.



Le procès moral entre Frank Miller et Hollywood sera oublié à partir du moment où un cinéaste va venir montrer quelques premiers rushes, un certain Robert Rodriguez. L'alchimie prend aussitôt entre les deux hommes, et permet à Miller de se voir offrir sur un plateau une nouvelle plateforme d'expression. L'adaptation littérale de Sin City est immédiatement lancée. Réussite commerciale comme d'estime, d'autres oeuvres intéressent à ce jour les réalisateurs. 300 est en pré-production avec Zack Snyder (Dawn of the dead) aux commandes. Sin city 2 est déjà en tournage.




Frank Miller (à droite) sur le tournage de Sin City


"Je ne suis pas nihiliste, mes histoires sont romantiques, c'est juste un romantisme plutôt sadomasochiste"

Quel futur pour Franck Miller ?
Ses scripts pour Robocop existent enfin grâce à une bd récemment parue en France chez Albin Michel, qui pourrait servir de base à un hypothétique nouveau Robocop au cinéma que Paul Verhoeven pourrait presque plus de vingt ans après le premier à nouveau réaliser. Vertige Graphic annonce la sortie prochaine d'un nouvel opus de Sin City, qui sera marqué par les événements du 11 septembre 2001.
L'homme a réglé ses comptes et s’impose en tant que meilleur ambassadeur du comic book... Le meilleur moment pour tirer sa révérence ? On n'espère pas...
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