Si Gary Oldman a surtout marqué le grand public par ses interprétations de bad guys avec les nerfs à vif (Leon, Le Cinquième élément), il a surtout su allier grosses licences de qualité (Harry Potter, Batman) et projets sous la houlette des plus grands (Ridley Scott pour Hannibal, Francis Ford Coppola pour Dracula ou Oliver Stone pour JFK). Un parcours très intéressant ponctué par une réalisation en 1997 avec Ne pas avaler. Gary Oldman fait son retour sur grand écran avec Le Livre d'Eli le 20 janvier.

The Dark Knight, Le Chevalier noir (2008) : Très Classe
The Dark Knight, second Batman réalisé par Christopher Nolan et produit par Warner / DC Universe, est le film de tous les exploits. Du travail dantesque, noble, fédérateur exécuté avec une connaissance absolue du matériau, qui consolide une mythologie pour la rendre plus addictive que jamais. Une forme d'idéal et de sublime qui passe aujourd'hui pour de la denrée rare.
Harry Potter et l'Ordre du Phénix (2007) : Classe
Nouvel opus et nouveau réalisateur pour la saga filmique Harry Potter adaptée de l'œuvre fleuve de J.K. Rowling. Se voyant confier la tâche ardue de porter à l'écran le tome à ce jour le plus difficile à adapter, David Yates s'en tire avec les honneurs et centre le récit sur l'essentiel, sans jamais perdre de vue les détails qui font le charme de l'univers du jeune sorcier. Harry Potter et l'Ordre du Phénix adopte une tonalité plus mature que les épisodes précédents, la magie opérant toujours mais se mêlant cette fois à des passages résolument sombres voire très durs. Un film riche en péripéties, en thématiques fortes et en contenu émotionnel. Bravo.
Harry Potter et la Coupe de Feu (2005) : Petite classe
On rentre directement dans le vif du sujet. Trop vite malheureusement : tout s'enchaîne sans trop prendre le temps d'être développé, les fans seront frustrés, les autres un peu perdus. Plutôt que d'être une adaptation, ce début laisse plus entrevoir un résumé du livre qui avait pourtant toute son importance. On est partagé entre deux sentiments : celui d'en avoir trop vu, ou pas assez, notamment pour la Coupe du Monde de Quidditch où la présentation du stade et des équipes annonce un grand match entre professionnels jamais vu dans les films précédents, un match auquel il ne nous sera pas permis d'assister.
Batman Begins (2005) : Classe
Plus ça va, mieux c'est. Batman Begins commence comme un drame poignant et ça finit en film de zombie diablement oppressant. Il n'y avait que Christopher Nolan pour donner à cet opus de Batman une personnalité aussi riche que complexe. Malgré de minuscules scories (lourdes punchlines à la David Goyer pour détendre une atmosphère très sombre, jeu outré de Christian Bale...), Batman Begins n'en demeure pas moins un excellent blockbuster avec plein de petits plaisirs persos (Rutger Hauer !) qui loin de sombrer dans les coutumes hollywoodiennes se distingue par l'intelligence de son script (démarche artistique singulière, pas consensuelle, très travaillée) et le brio de la mise en scène.
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (2004) : Très classe
Si énormément de passages passent à la moulinette, pour ne pas dire aux oubliettes, le film a l'intelligence de recentrer l'histoire sur Harry et l'énigmatique Sirius Black (Gary Oldman, magnifique). On pouvait lui reprocher lors de l'adaptation des deux premiers épisodes de s'étendre un peu trop sur le sujet, de trop ressasser des faits connus, s'attardant sur des personnages secondaires à plusieurs reprises, certes très présents dans les livres mais alourdissant un peu la narration en film, mais aujourd'hui il faut reconnaître que tout cela était bel et bien pensé et surtout justifié.
Interstate 60 (2002) : Classe
Cette comédie dramatique teintée de fantastique permet à Gary Oldman de jouer les génies de la lampe, lui qui porpose à un jeune artiste d'aller trouver la fille de ses rêves dans la ville imaginaire de Danver. On notera le caméo de Michael J. Fox, réuni à l'écran avec son compère de Retour vers le futur, Christopher Lloyd.
Manipulations (2001) : Classe
On passera outre les personnages un peu caricaturaux pour se concentrer sur les performances d'acteurs (Jeff Bridges, Joan Allen mais aussi Gary Oldman en chef du camp républicain) et l'habileté du scénario. Très documenté, ce film mineur baisse parfois le pied mais reste efficace dans sa construction rythmique.
Hannibal (2001) : Catastrophe anthropophage
Hannibal est une catastrophe intégrale. Cela pour deux raisons principales. Tout d'abord, le très mauvais livre de Thomas Harris, écrit dix ans après Le Silence des Agneaux , ne pouvait constituer un matériau de base suffisamment solide et intéressant. Ensuite, le réalisateur et les scénaristes (les producteurs ont tout de même fait appel à David Mamet et Steven Zaillian pour tenter de sauver la barque du naufrage annoncé) n'ont pas su transcender celui-ci, par la simple force de leur art. si le plaisir de retrouver Hannibal est indiscutable, ce n'est pas non plus sans une certaine frustration.
Perdus dans l'espace (1998) : Pas classe
Un space-opera familial pas vraiment emballant qui adapte mollement une petite série TV. Heureusement, il y a Gary Oldman qui reprend son rôle préféré du méchant hystérique auquel il arrive à donner à chaque fois ironie et crédibilité.
Air Force One (1997) : Pas classe
Harrison Ford en président des Etats-Unis face à Gary Oldman en terroriste russo-américain. L'un devient un super-héros, l'autre prend un accent improbabe. Le tout tient plus du grand-guignol que du divertissement parfaitement calibré.
Le Cinquième élément (1997) : Classe
Luc Besson réunit ici le parfait cocktail du film grand public : un univers de science-fiction riche en images et en effets spéciaux bluffants, un bonne dose d'humour servie ici par un Chris Tucker en grande forme, et des scènes d'action à revendre. Si la distribution n'est certes pas inhérente au bon fonctionnement du film, Luc Besson met tout son talent de faiseur d'images au service de son récit et l'on se retrouve au final devant un film palpitant, haut en couleurs et débordant d'énergie.
Basquiat (1996) : Classe
Réalisé en 1996 par Julian Schnabel, Basquiat est un biopic plaisant et réussi. Rendant hommage à Jean-Michel Basquiat sous l'angle lisse et policé du cinéma mainstream, il célèbre ainsi le premier artiste noir à avoir percé le cénacle des artistes reconnus à l'échelle internationale.

