Par Nicolas Houguet - publié le 05 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 09 octobre 2009 à 12h49 - 0 commentaire(s)
Il y a des comédiens comme ça qui sortent naturellement du lot. Même au sein d'un grand casting, il est tout simplement impossible de ne pas distinguer Gary Oldman, comme un soliste de génie au milieu d'un orchestre, ajoutant à l'ensemble ses fulgurances uniques et surprenantes, sa folie, sa fantaisie. Absolument rien ne lui résiste ou ne le submerge. Il est capable de porter totalement un film, d'épouser totalement une figure, fut-elle impressionnante ou imposante (comme il le fit en particulier pour Ludwig Van Beethoven) et de lui imprimer la « touche » Oldman, lui rendant la vie, et surtout la fièvre, un côté absolument déjanté (que ça soit en Sid Vicious, en Dracula ou en sénateur républicain) qui le caractérise souvent. A 50 ans (il est né le 21 mars 1958), le comédien continue de fasciner.



L'irrévérence et la chaleur profonde qu'il apporte à ses rôles ne se dément jamais, un côté monumental et « bigger than life » absolument inimitable. Son expressivité parvient à se distinguer au milieu de grosses productions (les derniers Harry Potter, ou auparavant Le Cinquième élément). Il fait souvent de son apparition un moment exceptionnel, à part, un véritable happening comme dans l'excellent les Anges de la nuit de Phil Joanou. Au milieu d'une distribution concentrée et impliquée (de Sean Penn à Ed Harris en passant par Robin Wright Penn), il va dans l'extrême, dans la folie absolue, ce qui rend sa performance absolument inoubliable, éclatante.



Ainsi c'est avec un infini respect que l'on approche Gary Oldman, proche de celui qu'on éprouve devant quelqu'un comme Daniel Day-Lewis : il est tout simplement un artiste unique, qui sera toujours trop rare, car il ose l'originalité. Il a inventé un ton, une manière de jouer, intense, excessive qui le détache totalement de ses contemporains. Il y a Gary Oldman et il y a les autres. Ainsi, il a fait de Gordon bien davantage qu'un personnage secondaire dans Batman Begins de Christopher Nolan, lui apportant son ironie et son côté discrètement allumé. Gordon était avant lui monolithique. Il l'enrichit de sa personnalité, de sa touche fantasque. Si on a hâte de le retrouver dans The Dark Knight, c'est pour retrouver cette sensibilité qui transcende ses rôles, face à un Heath Ledger qui était de la même envergure dans sa manière de s'approprier le Joker (Oldman lui-même salue la performance et regrette amèrement avec beaucoup d'entre nous sa disparition).
Vos réactions


logAudience