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German Touch : Le Renouveau Du Cinema Allemand [page 3]

Par - publié le 18 octobre 2007 à 19h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h23 - 0 commentaire(s)
Très critique à l’égard d’un pays qui a connu de nombreux remous politiques, cette nouvelle vague allemande qui ne se revendique cependant d’aucun courant (on ne peut pas les baptiser autrement que «nouvelle vague allemande» même si le terme servait déjà à désigner des réalisateurs des années 70 tels que Fassbinder) révèle une capacité à ausculter les démons actuels ou passés sans passer par le symbolisme et l’allégorie chers au Tambour, de Volker Schlöndorff, dernier grand chef-d’œuvre absolu du cinéma allemand des années 70.



Deux films récents sortis l’an passé abondaient dans ce sens, de manière frontale comme Sophie Scholl, les derniers jours, de Marc Rothemund, qui retraçait de manière rigoureuse et poignante l’histoire vraie d’un frère et d’une sœur résistant courageusement contre la tyrannie Nazie et essayant clandestinement de faire éclater une vérité sordide ; ou, de façon détournée mais non moins percutante comme L’imposteur, de Christophe Hochlauser, où le réalisateur (doué) du Bois Lacté peignait à la manière clinique de Michael Haneke les maux d’un pays assujetti au terrible sentiment de culpabilité. Plus antérieurement, Le tunnel, de Roland Ruso Richiter, revenait sur la construction du mur de Berlin tandis que Innere Sicherheit, de Christian Petzold auscultait les actions du groupe Baader-Meinhof.

Mais l’exemple le plus audacieux demeure La Chute, de Oliver Hirschbiegel, opus injustement controversé, bluffant tel un uppercut, qui dépeint Hitler (Bruno Ganz, extraordinaire) sous son angle le plus humain. Le scandale qu’il a provoqué sous prétexte qu’il dissociait la figure d’Hitler de l’idéologie Nazie a sensiblement inspiré Dani Levy, cinéaste juif provocateur déjà auteur d’une comédie peu fine, Monsieur Zucker joue son va-tout, sur la vie des Juifs dans l’Allemagne actuelle, pour mettre en scène Mon Fuhrer, une comédie allemande sur Hitler. Certes, des cinéastes américains ont déjà fustigé l’image du dictateur (se souvenir du Dictateur, de Charlie Chaplin, Les producteurs, de Mel Brooks et To be or not to be, d’Ernst Lubitsch), mais le pari se révèle plus audacieux qu’on ne le pense. C’est la première fois, en Allemagne, que l’on ose se moquer aussi ouvertement de l’image du dictateur.



Selon la presse allemande, le film ne serait pas aussi subversif que prévu et créerait une certaine confusion dans ses partis pris en brouillant volontairement les cartes du réalisme et du burlesque. Gageons que cette comédie débarquera dans les salles françaises. Pour l’heure, il faut découvrir les semaines prochaines Pingpong et La vie des autres, deux précieux objets teutons qui soulignent à leur singulière manière la pluralité d’un cinéma dont on est loin d’avoir épuisé toutes les beautés.
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