TOUS DES 1013 BELOVED SAW MEETS THE GAME
13 Beloved, thriller fantastique thaïlandais de Chuckiat Sakveerakul (déjà responsable d’un épatant
Pisaj), est une bonne surprise même si en substance il repose sur des éléments éprouvés. Ce qui est rassurant, c’est que leur somme est exploitée avec suffisamment d’efficacité pour tenir la route jusqu’au bout. Un homme au plus bas participe à un jeu dangereux : il doit franchir treize épreuves pour décrocher une somme considérable d’argent. Ce qui n’est pas de refus mais implique des engagements moraux. Plus les seuils sont franchis, plus les épreuves deviennent extrêmes. A la manière de films échafaudés sur des structures purement ludiques (
Avalon, de Mamoru Oshii,
Saw de James Wan ou encore
Intacto, de Juan Carlos Fresnadillo),
13 Beloved repose sur le but plus ou moins avoué de rencontrer ceux qui sont à l’origine d’un jeu pervers. Le challenge est d’autant plus redoutable qu’il implique une violence de plus en plus exacerbée. Dommage que l’on sente encore trop les influences Hollywoodiennes pour se permettre un jugement sur le cinéaste (prometteur ou faiseur ?). Là, rien ne se démarque. Le look du personnage principal rappelle celui de Michael Douglas dans
Chute Libre de Joel Schumacher et dans
The Game. Le retournement de situation final extrêmement sombre et potentiellement choquant évoque celui de
Saw. En résulte donc un thriller honorable, amusant et sanglant. Mais faute d’identité, il ne reste qu’une démonstration de savoir-faire.
THE SUBSTITUTE E.T. FAIT DU SPORT
Remarqué avec un excellent film d’horreur (
Le veilleur de nuit) et son remake fadasse – le même cas que le
Funny Games de Michael Haneke dix ans avant –, le réalisateur Danois Ole Bordenale ne donnait plus de signe de vie depuis longtemps. Normal que l’on découvre son nouveau long métrage,
The Substitute, qui rend hommage aux bonnes vieilles comédies fantastiques des années 80, avec quelques a priori. Et a priori justement, pas de quoi se relever la nuit. Une prof remplaçante (Paprika Steen, déjà vue dans des tonnes de films Dogme) vient s’occuper d’une classe industrieuse dans le but de les entraîner pour participer à un concours situé à Paris. Oui mais voilà : elle est cruelle, balance des vérités cruelles aux rejetons, simule le pathétisme lorsqu’elle se rend compte que personne ne considère ses initiatives, bouleverse les parents d’élèves scrogneugneu qui devraient arrêter de croire les sornettes de leurs chéris d’amour. Pendant quelques minutes, on se surprend plus à rire qu’à avoir peur. Est-ce normal ? Oui, vu que le but de Bordenale n’est pas de faire peur comme à la bonne époque du
Veilleur de nuit qui, par intermittences, filait sacrément les jetons, mais de dérider les zygomatiques en martyrisant les têtes blondes complexées par leurs défauts ou traumatisées par un passé trop lourd à porter (le jeune héros a vu sa maman se faire broyer par un camion). Très vite, on démasque le pot aux roses : l’humour con et méchant se révèle être le seul moyen pour le cinéaste de masquer la vacuité de l’intrigue trop ambitieuse. Faute de moyens, il se rabat sur la performance de Paprika Steen, géniale en prof tortionnaire. Le film qui détourne le cliché du prof terrible et joue sur l’ambiguïté d’un personnage féminin qui dissimule ses émotions et ses desseins diaboliques (comme naguère John Waters jouait sur la folie meurtrière d’une mère de famille insoupçonnable dans
Serial Mother) ne peut pas se reposer sur le show d’un personnage qui, aussi désopilant soit-il, reste très outrancier. Bref, ça amuse cinq minutes. Ce qui est regrettable, c’est que la menace extraterrestre ne se résume qu’à un seul personnage avec… une boule magique ! Un peu léger pour donner une impression de menace ou conférer un sentiment de paranoïa. Comme s’il fonctionnait de Charybde en Scylla, le film descend de plusieurs crans pour rejoindre la catégorie des nanars sympathiques (parfois exorbitants) pour ados désoeuvrés le samedi soir. La mise en scène faiblarde (vive les champs contre-champ dignes d’une sitcom !) et sa photo cracra ne sauvent rien, bien au contraire. Le recours à l’ironie assumée (l’extraterrestre qui réclame de l’amour) évite au film de se prendre très au sérieux et nous, de se prendre la tête entre les mains.
THE TRIGGER MAN ZZZZZZZZzzzzzzzzzzzZZZZZZZZZZ
Trois potes partent en randonnée. Ils pensent être seuls. Le cinéaste est parti d’une histoire vraie où le chasseur devenait le chassé. La raison qui nous pousse à reluquer cet étrange objet vient de la présence dans le générique de Larry Fessenden, qui reste connu dans le petit monde du film d’horreur pour être pote avec des cinéastes undergrounds comme Todd Morris ou Douglas Buck (il a produit Sisters). Hélas, ce petit film d’horreur remporte le "prix du minimalisme chiant". Pour dire vrai et franc, c’est une caricature du mauvais film d’horreur qui flirte avec le pire de l’amateurisme. Ça se targue d’être Le projet Blair Witch diurne. Et c’est une cata. Revoyez Old Joy (deux amis de longue date se perdent dans une forêt meurtrie) ou Délivrance (une randonnée qui se passe vraiment mal pour le coup).
ESKALOFRIOUn jeune homme (vampire, vous avez dit vampire ?) ne supporte pas la lumière du jour. Afin de ne pas avoir à subir l’intolérance des autres élèves, sa mère l’emmène vivre dans un village reclus. Problème : depuis qu’ils ont débarqué tous les deux, les morts surabondent dans les alentours. Le réalisateur Isidro Ortiz, célébré pour son excellent
Fausto 5.0, revient avec un mélange au départ intrigant de teenage movie et de films de vampires. La différence, c’est qu’à aucun moment le cinéaste ne côtoie les abîmes de perversité de son précédent long métrage et recycle des clichés. Le travail sur la mise en scène est peut-être le point le plus décevant. Alors que dans
Fausto 5.0 il y avait de vraies promesses formelles et une réelle capacité à créer une atmosphère malsaine, Ortiz a repris tous les codes esthétiques du Balaguero des mauvais jours. Pour voir une variation vampirique rusée, un seul film : Let the right one it.