Par - publié le 07 août 2008 à 15h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h07 - 0 commentaire(s)


WHAT'S UP?
  • A en croire les dernières fictions du cru, la production sud-coréenne ne s’est jamais aussi bien portée et ce malgré une vraie inquiétude passagère et un manque de fédération entre les réalisateurs (il y a prescription mais on se souvient encore des tristes critiques de Kim Ki-Duk à l’égard de Bong Joon-Ho lors de la sortie de The Host). Celui qui fait parler de lui en ce moment, c’est The Chaser, de Na Hong-Jin, le premier film d’un réalisateur qui grâce au buzz grandissant, commence à se tailler une réputation en or. Le résultat se présente comme un polar sang-pour-sang noir (on parle déjà de séquences potentiellement impressionnantes en raison de leur caractère ultra-violent). Le scénario is based on a true story mais peu importe: il suit un ancien flic viré pour corruption (Kim Yoon-Seok, habitué des seconds couteaux) qui s’occupe désormais d’un salon de massage. Un boulot trop lisse pour être honnête? Oui. En réalité, il utilise ce prétexte pour faire le proxénète et gérer un trafic de call girls du genre douteux. Progressivement, sans trouver d’explications rationnelles, les filles dudit réseau disparaissent une à une, non sans laisser quelques dettes derrière elles. L’ancien flic, pas content de s’être fait roulé dans la farine, mène l’enquête pour récupérer ses thunes et se rend compte, au gré de son investigation, que les filles ont été kidnappées par le même tueur (Ha Jung-Woo, vu dans Time de Kim Ki-Duk). La police s’en mêle; le kidnappeur se fait pincer, passe aux aveux, en confessant les avoir toutes assassinées. Mais la réalité va rapidement dépasser l’entendement: il reste une call-girl toujours vivante. Problème: elle demeure introuvable. S’il regroupe tous les clichés inhérents au polar âpre (nuit, pluie, femmes fatales etc.), le film devrait cependant moins jouer la carte de l’édification et chercher des noises à l’ambiguïté afin de donner aux personnages une rare profondeur psychologique. Vraisemblablement, c’est cette qualité qui le distinguerait du tout-venant. A l’heure d’aujourd’hui, en tout cas, une chose est sûre: il s’impose comme le digne descendant des Public Enemy, étrange film policier comparable à du Samuel Fuller au pays du matin calme pour l’opposition tendue entre deux hommes appartenant à deux milieux sociaux différents (le flic corrompu et le riche homme d’affaires confondus dans la même immoralité); Bittersweet Life, de Kim Jee-Woon pour les explosions inattendues de violence crue; et, autres Memories of Murder, de Bong Joon-Ho pour la capacité à varier les pistes narratives toutes les vingt minutes. Mais on pense surtout à Infernal Affairs, qui n’était pas sud-coréen mais chinois, pour la même trajectoire culte et surtout l’adaptation US par William Monathan, le scénariste de Scorsese sur Les infiltrés (l’interprétation de Léonardo Di aprio en sus). On n’a pas fini d’en entendre parler.

  • Il est vrai que le hasard semble bien faire les choses et que le Bousman porte assez bien son nom ! Cependant les choses semblent s’apprêter à changer puisque son nouveau projet se présente sous une forme plutôt agréable n’en déplaise à tous les détracteurs du réalisateur coupable entre autres du misérable et honteux Saw 4. Malgré ce foirage monumentale, peut-être faudrait-il remarquer que ses deux premières participations dans la série lancée par James Wan n’étaient pas si monstrueuses que ce que beaucoup insinuent, généralement avec des arguments assez minces, puisque le second épisode était une modeste série B et que sa suite avait le courage de se poser là en tant que représentant outrancier de l’immoralité aussi bien dans sa forme que dans le fond. Mais Darren Lynn Bousman semble avoir eu un cas de conscience puisqu’il laisse enfin tomber la franchise avec laquelle il entretenait une relation ambiguë -on ne sait plus trop qui essaie d’enterrer l’autre- pour se consacrer pleinement à son projet de « comédie musicale sur fond de trafic d’organes » ! Le sujet peut sembler véritablement casse-gueule mais devons-nous rappeler que des comédies musicales extraordinairement cultes et réussies telles que The Rocky Horror Picture Show ou encore Phantom of the Paradise sont aussi basées sur des histoires défiant toute concurrence en terme d’originalité. Toujours est il que, rassurez-vous, nous ne nous permettrons absolument pas de comparer ou même d’assimiler ce Repo! aux deux chefs d’œuvres précédemment cités. FK

  • Accrochez vos ceintures : Yoshihiro Nishimura est connu dans le petit monde du cinéma nippon pour ses effets spéciaux délirants qui rivalisent de folie baroque et d’imagination débridée. Depuis ses débuts, il a compris que le bon goût était l’ennemi de la créativité. Récemment, il a donné un coup de main au très attendu Machine Girl, de Noburo Iguchi, une autre bizarrerie venue du soleil levant, dont les images promettent un festin aussi cru qu’excitant. Mais ce spécialiste de la loufoquerie n’est pas né d’hier. Dans son CV, il compte également des participations aux Meatball Machine, de Yudai Yamaguchi & Jun’ichi Yamamoto ; et au Dîner de Noriko, de Sono Sion. Dans de telles prédispositions cultes, logique qu’il passe à l’étape suivante. A savoir accoucher sur pellicule un machin totalement incontrôlable ne ressemblant qu’aux choses bizarroïdes qui s’acharnent dans son esprit. Son premier long métrage Tokyo Gore Police suivra une charmante femme flic qui ne se sépare jamais de son katana et appartient vaillamment à une équipe de fous furieux chargés de chasser des mutants coriaces de la planète Terre (on peut d’ores et déjà les baptiser «MutantBusters»!). Derrière la discorde, se cache un savant fou, responsable du chaos qui entretient avec la miss un lourd secret commun (ils ont tous les deux tués leurs papas). Et si les mutants symbolisaient la culpabilité ? Rien n’est moins sûr dans ce trip qui ne devrait pas se prendre au sérieux (c’est tout le mal qu’on lui souhaite). Ceux qui ont voués un culte à l’extraordinaire Audition, de Takashi Miike, seront ravis de revoir leur icône Eili Shiina au cinéma dans un rôle qui s’annonce diamétralement opposé. C’est d’autant plus sympa que les premières images visibles du film font immédiatement pensé à l’univers de Takashi Miike. Reste à savoir si on croisera une strip-teaseuse qui lance des fléchettes empoisonnées avec son vagin (Fudoh) ou une femme qui accouche littéralement d’un homme en pleine copulation (Gozu). Ou si on verra encore pire.

  • C’est l’un des mystères les plus étranges du cinéma actuel. Artiste incompris, Crispin Glover réalise tout seul dans son coin des blocs perturbants qui ne ressemblent à rien de connu. Comme acteur, il avait pris pour habitude de brouiller les pistes en paradant dans des block-busters rémunérateurs (Charlie et ses drôles de dames) et en jouant dans des petites productions indépendantes (le très bizarre Rubin et Ed - sans doute le film qui lui ressemble le plus). En tant que cinéaste, il entame une carrière hallucinante comparable à celle de Alejandro Jodorowsky et David Lynch à leurs débuts en étant l’auteur d’une trilogie sur la monstruosité (What is it?; Everything is fine et prochainement It’s Mine). Derrière la caméra, il confirme une prédilection séduisante pour la bizarrerie que l’on soupçonnait chez lui depuis longtemps. Sa came, c’est le cinéma d’auteur expérimental nourri de tentations surréalistes qui bouscule les us et coutumes d’un cinéma traditionnel et impose ses lois absurdes. Ses maîtres à penser? Luis Buñuel, Harmony Korine, Guy Maddin, Fernando Arrabal, Gus Van Sant et, surtout, Werner Herzog, un ami très proche (What is it? cherche à reproduire l’impact des Nains aussi ont commencé petits). Leur folie commune a servi d’inspiration pour construire chaque volet, à la fois référencé et très libre, dont l’art consiste à se propulser dans un univers unique et obsessionnel. On prend les paris? It’s mine, le troisième opus de la trilogie, sera présenté cette année au prochain festival de Sitges. L’événement risque d’être de taille, d’autant que Crispin Glover joue la cohérence, rien que dans l’assemblage des titres («What is it? It’s fine, Everything is fine, it’s mine», littéralement traduisible par «Qu’est-ce que c’est? Ça va, tout va bien, c’est à moi»). Ce n’est pas un hasard s’il surnomme sa trilogie: la "it trilogy". Le scénario est encore une fois signé par Steven C. Stewart – il a commencé à l’écrire dans les années 70. Ce devrait être un parfait prolongement de la réflexion proposée dans It’s fine, everything is fine. A savoir montrer que les handicapés sont des êtres humains comme les autres. Glover prévient cependant que It's Mine sera encore plus sexuel et dérangeant que les autres volets de la trilogie qui allaient déjà très loin dans la représentation du sexe à l’écran. Pour lui, ce sera surtout une manière de donner un sens aux deux précédents films aussi sauvages qu'éblouissants.

  • On va reparler très vite de Eden Lake, le nouveau long métrage de James Watkins, scénariste de The Descent 2. Au menu? Lors d'un week-end romantique, un couple est pris en grippe par une bande de jeunes. Ils prennent alors un malin plaisir à leur mener une vie infernale, ce qui ne sera pas sans conséquences. Dans les rôles principaux, on retrouve Kelly Relly et Michael Fassbender. Le modèle avoué de Watkins n'est autre que Délivrance de John Boorman. Envie de découvrir ça très vite.



  • Terminons avec Mirrors, le nouveau long métrage très attendu de Alexandre Aja, qui raconte comment le vigile d'un centre commercial (Kiefer Sutherland) va découvrir les mystères entourant les surfaces réfléchissantes qui les entourent, lui et sa famille, faisant ressortir le pire en chaque être humain et cachant, de plus, des forces démoniaques dans leurs reflets. Remake du film sud-coréen Into the mirror. Bonne ou mauvaise nouvelle? La réponse est pour bientôt.
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