Par Nicolas Houguet - publié le 20 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 20 octobre 2009 à 10h30 - 0 commentaire(s)
On imagine que l'aboutissement imaginé par Brando était sans compromis, que ce père trouble devait mourir, et pas échapper à son châtiment par l'intercession de la femme aimée. Marlon a totalement désavoué le film tel qu'il est sorti. Il s'y était consacré tout entier, voulant y exprimer des choses profondes et nuancées. Il l'a renié au point de n'en pas renouveler les droits en 1988 et qu'il tombe dans le domaine public. C'est sans doute la plus grande déception de sa vie artistique, on sent là une blessure et le début (ou la confirmation) de son mépris pour le septième art.



Mais outre sa désillusion de cinéaste, et peut-être, comme ça a été dit par certains témoins, son incapacité à tout simplement conclure l'aventure (en choisissant des prises définitives, alors qu'il les multipliait pour favoriser l'expérimentation), on retient fort ses images envoûtantes, éternelles. Sont gravées en nous ces silhouettes de cowboys se détachant sur l'océan, ce face à face classique aux dimensions d'antique tragédie, ce père symbolique et ce fils qui s'acharnent dans une lutte sans merci, cet art consommé de la suggestion. Voilà une oeuvre rare où la plupart des scènes ont un double sens et ne sont pas ce qu'elles semblent.

La Vengeance aux deux visages est finalement et malgré tout une oeuvre qui rend justice à la sensibilité immense et raffinée de son réalisateur, l'incomparable Marlon Brando.
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